Alors que la perspective d’une seconde phase du plan américain pour Gaza se profile, des divergences majeures persistent concernant le rôle d’une éventuelle force internationale de stabilisation, et notamment son mandat sur le territoire palestinien. Le Hamas, tout en se montrant ouvert à des discussions sur le contrôle des armements, refuse catégoriquement toute ingérence dans ses affaires.
À retenir
- Le Hamas accepte de discuter d’un « gel ou stockage » des armes pendant la trêve, mais rejette une force internationale ayant un « mandat » sur le territoire palestinien.
- Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu prévoit de rencontrer Donald Trump pour discuter de la phase suivante du plan, axée sur le désarmement du Hamas et la fin de sa gouvernance à Gaza.
- La trêve actuelle est jugée « critique » par le Premier ministre qatari, qui souligne la nécessité d’un retrait complet des forces israéliennes pour parvenir à un cessez-le-feu durable.
Contexte
Basem Naim, un haut responsable du Hamas, a souligné dimanche que le projet américain nécessitait « beaucoup de précisions ». Selon lui, le groupe serait disposé à envisager le « gel ou le stockage » des armes pendant la durée de la trêve, mais s’oppose fermement à ce qu’une force internationale de stabilisation prenne en charge le désarmement du Hamas. Il a précisé que le Hamas accueillerait favorablement une force des Nations unies positionnée aux frontières pour superviser le cessez-le-feu, signaler les violations et prévenir toute escalade, mais sans aucun pouvoir décisionnel sur le territoire palestinien.
« Nous accueillons une force [des Nations unies] près des frontières, supervisant l’accord de cessez-le-feu, rendant compte des violations, empêchant toute sorte d’escalade », a-t-il déclaré. « Nous n’accepterons pas que la force ait quelque sorte de mandat sur le territoire palestinien. »
Ces déclarations interviennent après que Benjamin Netanyahu a annoncé son intention de rencontrer Donald Trump à la fin du mois pour discuter de l’entrée dans une nouvelle phase du plan américain. L’objectif principal de cette rencontre serait, selon Netanyahu, de mettre fin à la gouvernance du Hamas à Gaza et de s’assurer du respect de son « engagement » envers le plan, qui prévoit la démilitarisation de l’enclave.
« Nous avons une deuxième phase, non moins intimidante, qui consiste à parvenir au désarmement du Hamas et à la démilitarisation de Gaza », a affirmé Netanyahu lors d’une conférence de presse en présence du chancelier allemand Frédéric Merz.
Ce qui change
Il n’est pas encore clair si les propositions du Hamas concernant le gel ou le stockage des armes satisferont aux exigences israéliennes de désarmement complet. Le responsable du Hamas a réaffirmé le « droit de résister » de son groupe, suggérant que le dépôt des armes pourrait être envisagé dans le cadre d’un processus menant à la création d’un État palestinien, assorti d’une trêve à long terme de cinq à dix ans.
Le plan américain pour Gaza, bien qu’ouvrant la porte à l’indépendance palestinienne, est régulièrement rejeté par Netanyahu, qui considère que la création d’un État palestinien récompenserait le Hamas.
La première phase du plan a été marquée par des difficultés, Israël continuant de bombarder Gaza pendant la trêve, entraînant la mort de plus de 370 Palestiniens, selon les autorités sanitaires. Israël accuse également le Hamas de retarder la libération des otages.
L’armée israélienne a déclaré que la « ligne jaune » établie à Gaza constituait une « nouvelle frontière », maintenant un contrôle opérationnel sur 53 % du territoire.
Prochaines étapes
Le Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani, a mis en garde samedi, lors du Forum de Doha, contre le caractère « critique » de la trêve, qui pourrait s’effondrer sans progrès rapides vers un accord permanent. Il a souligné qu’un cessez-le-feu durable ne pourrait être atteint qu’avec un retrait complet des forces israéliennes et le rétablissement de la stabilité et de la liberté de mouvement pour les Palestiniens.
Par ailleurs, des responsables israéliens et qataris se sont rencontrés avec leurs homologues américains afin de tenter de rétablir leurs relations après une frappe aérienne israélienne sur Doha en septembre.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre de Palestiniens tués pendant la trêve (selon les autorités sanitaires) | Plus de 370 |
| Pourcentage du territoire de Gaza contrôlé opérationnellement par l’armée israélienne | 53 % |
Sources
Aucune source spécifique n’est mentionnée dans le texte.
