Publié le 26 novembre 2025 16h18. Plusieurs propositions visant à réformer l’accès aux études de médecine, la souveraineté numérique et la lutte contre la désinformation ont été débattues ce jour par la commission scientifique du Parlement autrichien, sans aboutir à un vote définitif sur la majorité des sujets.
- Le Parti de la Liberté (FPÖ) réclame l’instauration du principe du pays d’origine pour l’admission en médecine, afin de privilégier les étudiants autrichiens.
- Les Verts insistent pour que les plateformes de médias sociaux soient tenues de lutter contre les deepfakes et proposent des mesures pour renforcer la souveraineté numérique de l’Autriche.
- Une demande du FPÖ visant à rendre facultative l’adhésion à l’ÖH (Union des étudiants autrichiens) a également été discutée.
La ministre des Sciences, Eva-Maria Holzleitner, a réaffirmé que le principe du pays d’origine ne figure pas à l’agenda du gouvernement. Elle a également souligné l’importance du travail accompli par l’ÖH.
La commission a examiné la proposition du FPÖ, portée par Martin Graf et Manuel Litzke, d’introduire le principe du pays d’origine pour les étudiants en médecine. Selon cette proposition, les candidats étrangers devraient satisfaire aux mêmes critères d’admission que ceux exigés dans leur pays d’origine. L’objectif affiché est d’augmenter durablement le nombre de places disponibles pour les étudiants autrichiens. Détails de la proposition (511/A(E)).
Martin Graf a justifié cette demande par un « besoin énorme » de personnel médical, évoquant des délais d’attente croissants pour les rendez-vous médicaux. Il a déclaré :
« Nous devons garantir que suffisamment de médecins soient formés en Autriche pour répondre aux besoins de notre population. »
Rudolf Taschner (ÖVP) a cependant souligné que le problème ne réside pas dans le nombre d’étudiants admis, mais dans le taux de réussite et l’exercice effectif de la profession. Il a mis en garde contre une approche qui pourrait « ouvrir la boîte de Pandore ». Süleyman Zorba (Verts) s’est également opposé à cette proposition, estimant qu’il aurait été préférable de la rejeter.
La ministre Holzleitner a rappelé que le principe du pays d’origine n’est pas inscrit dans le programme gouvernemental et a souligné que les étudiants autrichiens obtiennent déjà des résultats supérieurs à la moyenne aux examens d’entrée en médecine, dépassant ainsi leur quota.
Par ailleurs, le FPÖ a réitéré sa demande de suppression de l’adhésion obligatoire à l’ÖH. Manuel Litzke a invoqué les récentes divisions au sein de l’ÖH, notamment des accusations de propos antisémites, et des attaques présumées contre des étudiants de droite. Il a affirmé que les étudiants conservateurs se retrouvaient à financer leurs « bourreaux » par le biais de leurs cotisations. Détails de la proposition (65/A(E)).
Heinrich Himmer (SPÖ) a dénoncé une tentative de délégitimation de l’ÖH, tandis que la ministre Holzleitner a mis en avant les réalisations de l’organisation, notamment les 5 000 consultations annuelles offertes par son service social. Katayun Pracher-Hilander (FPÖ) a relativisé ce chiffre, estimant qu’il pourrait être plus élevé si l’ÖH était plus efficace.
Les Verts ont également plaidé pour une réglementation plus stricte des plateformes de médias sociaux en matière de lutte contre les deepfakes, ces vidéos ou images manipulées à l’aide de l’intelligence artificielle. Süleyman Zorba a souligné le danger de ces contenus trompeurs et frauduleux, et a critiqué l’inefficacité des réglementations européennes actuelles. Détails de la proposition (578/A(E)).
Thomas Elian (ÖVP), Peter Manfred Harrer (SPÖ) et Ines Holzegger (NEOS) ont partagé les préoccupations de Zorba, tout en soulignant la nécessité d’une approche européenne coordonnée. La ministre Holzleitner a évoqué le plan d’action national contre la violence à l’égard des femmes, qui prévoit des sanctions pénales pour la création et la diffusion de deepfakes à caractère pornographique.
Enfin, les Verts ont présenté une proposition visant à renforcer la souveraineté numérique de l’Autriche, en réduisant sa dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques étrangères. Ils proposent notamment la création d’un groupe de travail chargé d’élaborer un plan concret pour l’administration autrichienne. Détails de la proposition (577/A(E)).
Joachim Schnabel (ÖVP) a rejeté les « formulations acerbes » de la proposition des Verts, soulignant les efforts déjà entrepris par le secrétaire d’État Alexander Pröll. Ines Holzegger (NEOS) a reconnu l’importance de la question, mais a estimé qu’une approche autrichienne isolée serait inefficace. La coalition gouvernementale a finalement présenté une proposition alternative, soulignant l’importance de renforcer la souveraineté numérique de l’administration autrichienne, qui a été adoptée à l’unanimité.
Les Verts ont également demandé la nomination d’une autorité autrichienne en matière d’IA et des règles plus strictes pour le marketing d’influence auprès des enfants. Ces propositions ont été reportées à la majorité. Proposition concernant l’autorité en matière d’IA (517/A(E)) et Proposition concernant le marketing d’influence (530/A(E)).
Enfin, une proposition visant à promouvoir la résilience contre les discours de haine et la désinformation a également été soumise à la commission. Proposition sur la résilience contre la désinformation (515/A(E)).
