Un ancien directeur d’école primaire risque une suspension temporaire de son autorisation d’exercer après avoir été reconnu coupable de détournement de fonds dépassant les 100 000 € dans l’établissement dont il avait la charge. Cette décision, rendue par un comité d’aptitude à l’enseignement, prévoit également des conditions strictes pour son éventuel retour à la profession.
Le comité a estimé que la conduite de l’enseignant, actuellement en poste dans une autre école primaire, était suffisamment grave pour justifier une censure et des restrictions sur son inscription au registre des enseignants. Il lui sera notamment interdit d’occuper un poste impliquant la gestion de fonds et il devra informer tout futur employeur de cette sanction.
L’affaire remonte à plusieurs années et concerne des vols commis dans une école primaire grâce à l’utilisation frauduleuse d’une carte de crédit et de chèques dont l’enseignant avait contrefait la signature du président du conseil d’administration. L’homme avait été jugé et condamné à six ans de prison, dont quatre ans et demi avec sursis.
« Cette conduite impliquait de la malhonnêteté et a privé l’école de ressources essentielles », a déclaré Mary Magner, présidente du comité. Elle a précisé que les vols, survenus sur une période de deux ans, constituaient un comportement « prémédité et délibéré ». Bien que l’enseignant ait remboursé la majeure partie des sommes détournées, l’école avait subi des difficultés financières pendant de nombreuses années.
Le comité a également pris en compte un rapport médical établi par le professeur Colin O’Gara, psychiatre consultant, qui indiquait que l’enseignant ne tirait aucun bénéfice personnel de ses actes en raison d’une dépendance sous-jacente. Le professeur O’Gara a témoigné que les vols étaient liés à cette dépendance, qui pourrait avoir une base génétique et physiologique.
L’enseignant a reconnu l’ensemble des faits et a exprimé ses regrets, ce qui a été perçu comme sincère par le comité. Il a également coopéré pleinement à l’enquête dès le début de la procédure.
« L’enseignant a admis que son comportement était grave et a fait preuve d’une compréhension approfondie de ses actes », a souligné Mary Magner.
Louise Byrne, avocate représentant l’enseignant, mandatée par Cullen & Co Solicitors et le Syndicat des enseignants d’Irlande, a indiqué que la décision du comité serait examinée. L’enseignant dispose d’un délai pour faire appel. À défaut d’appel, la décision devra être confirmée par le président du Tribunal de Grande Instance.
