Publié le 17 octobre 2024 à 05:02:00. Afin de pallier la pénurie d’enseignants, le ministère irlandais de l’Éducation a annoncé une mesure temporaire permettant aux enseignants diplômés à l’étranger de valider plus facilement leurs qualifications en Irlande, tout en suscitant des réactions mitigées de la part des syndicats.
- Les enseignants formés hors d’Irlande pourront obtenir la reconnaissance de leurs diplômes après avoir commencé à travailler dans une école irlandaise.
- Cette mesure exceptionnelle est limitée dans le temps : les candidatures seront acceptées jusqu’en décembre 2027.
- Le syndicat des enseignants du secondaire (TUI) estime que cette initiative ne suffira pas à résoudre les problèmes structurels de recrutement et de rétention.
Le ministère de l’Éducation a annoncé cette initiative dans un contexte de forte demande d’enseignants, exacerbée par l’évolution démographique, le développement de l’enseignement spécialisé et l’accueil d’enfants ukrainiens fuyant la guerre. Des mesures similaires ont déjà été mises en place par le passé, et le ministère les juge « utiles » pour faire face aux pressions sur le système éducatif.
Les enseignants concernés pourront soumettre leur dossier de reconnaissance auprès du Conseil pédagogique dans les prochains jours. La ministre de l’Éducation, Helen McEntee, a souligné que cette mesure s’inscrit dans une série d’actions visant à améliorer l’offre d’enseignants, notamment en facilitant l’accès aux contrats permanents.
Cependant, le syndicat des enseignants d’Irlande (TUI) a exprimé des réserves. Si le TUI se dit « favorable à toute initiative » visant à résoudre la crise du recrutement, il estime que cette mesure spécifique aura un « impact réel limité » sur les difficultés rencontrées quotidiennement par les écoles.
« Nos propres recherches, issues d’une enquête menée auprès de nos membres plus tôt cette année, montrent que seulement 26 pour cent des personnes interrogées nommées depuis 2015 ont reçu un contrat à temps complet dès leur entrée en fonction, et seulement 11 pour cent se sont vu proposer un poste permanent lors de leur nomination. »
TUI, communiqué de presse
Le TUI plaide pour une augmentation des dotations en personnel afin de permettre davantage de contrats à temps plein dès le premier recrutement. Le syndicat dénonce également le fait que les enseignants revenant d’expériences professionnelles à l’étranger, notamment dans des écoles privées hors de l’Union européenne, sont souvent placés au bas de l’échelle salariale, malgré leur expérience significative.
« Cela affecte l’écrasante majorité de ceux qui souhaitent retourner en Irlande en provenance de pays comme Dubaï. Dans de nombreux cas, ils choisiront simplement de continuer à enseigner en dehors de l’Irlande ou, s’ils reviennent, de travailler dans d’autres emplois où leurs compétences transférables seront mieux appréciées. »
TUI, communiqué de presse
Enfin, le TUI propose de réduire la durée du Master professionnel en éducation (PME) de deux ans à un an, afin de rendre la profession plus accessible. Le syndicat estime qu’il n’est plus acceptable qu’un enseignant du secondaire doive suivre un cursus de quatre ans suivi d’un PME de deux ans, souvent financé par sa famille ou assorti d’un endettement important.
