Publié le 16 octobre 2025. Madagascar est plongée dans une crise politique majeure après la destitution de son président, Andry Rajoelina, par le Parlement, suivie de la prise de pouvoir par un colonel militaire.
- Le Parlement malgache a destitué Andry Rajoelina pour abandon de poste.
- Le colonel Michael Randrianirina, commandant de l’unité d’élite CAPSAT, a annoncé avoir pris le contrôle du pays.
- L’armée promet des élections dans les 18 à 24 prochains mois.
La destitution d’Andry Rajoelina, au pouvoir depuis 2009, intervient après des semaines de contestation sociale et de manifestations de grande ampleur. Le Parlement a voté la mise en accusation avec 130 voix, dépassant largement le seuil constitutionnel des deux tiers des 163 membres de l’assemblée. Rajoelina lui-même a dénoncé un procès « sans base légale ».
Suite à la décision parlementaire, l’unité militaire d’élite CAPSAT a annoncé avoir pris le pouvoir, affirmant « avoir pris le contrôle » du pays. Son chef, le colonel Michael Randrianirina, doit être investi comme président de transition lors d’une cérémonie prévue vendredi 17 octobre. Il a promis d’organiser des élections dans les deux prochaines années.
La présidence malgache a qualifié les actions de la CAPSAT de tentative de coup d’État, affirmant que le président Rajoelina reste en fonction et qu’il veillera au maintien de l’ordre constitutionnel.
« La présence de forces militaires armées devant le Palais Présidentiel est un acte qui s’apparente clairement à une tentative de coup d’État. »
Présidence de Madagascar
La situation à Antananarivo, la capitale, est actuellement calme, mais des manifestations menées par la génération Z depuis le 25 septembre ont déjà fait au moins 22 morts. Ces protestations étaient motivées par le manque d’accès à l’eau et à l’énergie, et par un appel à un « changement systémique ».
Madagascar rejoint ainsi une liste croissante d’anciennes colonies françaises en Afrique – après le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Gabon et la Guinée – qui ont connu des prises de pouvoir militaires depuis 2020. Andry Rajoelina est arrivé au pouvoir pour la première fois en 2009 suite à un coup d’État militaire, un événement qui avait été largement condamné par la communauté internationale. Il a ensuite été élu président en 2018 et réélu en 2023, lors d’élections contestées.
Le colonel Randrianirina, qui a été emprisonné pendant plusieurs mois en 2023 pour avoir été accusé de complot contre l’État, a justifié son action en affirmant qu’il s’agissait de « prendre ses responsabilités » face à un pays « au bord de l’effondrement ». Il a promis une transition vers un leadership civil dans un délai de moins de deux ans, incluant une restructuration des institutions.
La communauté internationale, notamment les Nations Unies, a exprimé ses inquiétudes face à cette prise de pouvoir « anticonstitutionnelle ».
