Publié le 10 octobre 2025 à 17h01. Le gouvernement italien travaille sur un ensemble de mesures visant à augmenter le pouvoir d’achat des salariés, en misant sur des allègements fiscaux ciblés, des incitations au travail et le maintien de certains dispositifs de retraite existants.
- Un allègement fiscal de 10 % sur les augmentations de salaire liées aux renouvellements de conventions collectives est à l’étude.
- Le gouvernement envisage d’étendre le régime fiscal préférentiel aux heures supplémentaires, au travail de nuit et aux jours fériés.
- Le dispositif Quota 103, ainsi que d’autres options de retraite anticipée, pourraient être prolongés.
Rome explore plusieurs pistes pour soutenir les revenus des travailleurs italiens, confrontés à une inflation persistante et à un ralentissement de la consommation. L’une des mesures phares envisagées est une sorte de “mini-IRPEF” (impôt sur le revenu des personnes physiques) à 10 % appliquée aux augmentations de salaire négociées dans le cadre des renouvellements des conventions collectives nationales. Cette mesure s’appliquerait également aux ajustements automatiques à l’inflation (PPTE) en cas de non-renouvellement des accords dans les 24 mois suivant leur expiration.
L’objectif affiché est double : encourager les négociations collectives, souvent bloquées depuis des années dans divers secteurs d’activité, et augmenter la capacité de dépenses des ménages. Selon les premières estimations, cette mesure pourrait bénéficier jusqu’à 15 millions de salariés, sans compter les travailleurs indépendants et les fonctionnaires.
Parallèlement, le ministère du Travail, dirigé par Marina Calderone, propose d’élargir le champ d’application de la fiscalité préférentielle à 10 % aux heures supplémentaires, au travail de nuit et aux jours fériés. Les limites des primes de performance pourraient également être rehaussées, passant de 3 000 à 4 000 euros, tandis que les avantages en nature atteindraient 2 000 euros pour les travailleurs sans enfants et 4 000 euros pour ceux qui en ont.
En matière de retraites, le gouvernement envisage de prolonger les dispositifs existants, tels que Quota 103, Opzione Donna et Ape Sociale. Une cotisation de sécurité sociale pour les enfants est également à l’étude, afin de renforcer le volet familial de la protection sociale.
Le gouvernement italien s’efforce de trouver un équilibre entre les dépenses et les recettes afin de maintenir le déficit budgétaire en dessous de 3 %, un seuil considéré comme crucial pour éviter une procédure d’infraction européenne et préserver la crédibilité du pays sur les marchés financiers. Pour ce faire, il compte sur une combinaison de réductions de dépenses (environ 10 milliards d’euros) et de nouvelles recettes (6 milliards d’euros), dont une contribution des banques.
La loi de finances devrait être présentée en Conseil des ministres le 14 octobre, accompagnée du Document budgétaire programmatique (DPB) qui sera transmis à Bruxelles le lendemain. Le Parlement a déjà approuvé les résolutions engageant l’exécutif à maintenir la trajectoire des comptes publics et à concentrer les ressources sur les revenus, les familles, la santé et les retraites.
