Publié le 2024-02-29 14:35:00. Le rappeur Drake, le streameur Adin Ross et un homme d’affaires australien sont accusés d’avoir orchestré un système frauduleux pour gonfler artificiellement les écoutes de la musique de Drake en utilisant des fonds provenant de paris en ligne illégaux sur la plateforme Stake.us.
- Une nouvelle action collective déposée en Virginie accuse Drake, Adin Ross et George Nguyen d’avoir incité les utilisateurs à parier sur Stake.us.
- Les plaignants affirment que les gains étaient utilisés pour manipuler les classements de streaming de Drake sur des plateformes comme Spotify.
- L’affaire met en lumière des préoccupations concernant le système à double monnaie de Stake.us et son potentiel à faciliter des activités illégales.
Drake, l’une des plus grandes stars du rap mondial, est au centre d’une nouvelle controverse judiciaire. Deux consommateurs de Virginie ont déposé une action collective alléguant que le chanteur, en collaboration avec le streameur Adin Ross et un homme d’affaires australien, George Nguyen, a mis en place un stratagème complexe pour augmenter artificiellement le nombre d’écoutes de ses chansons. Selon l’accusation, ce système reposait sur l’exploitation de la plateforme de paris en ligne Stake.us et l’utilisation de fonds provenant de paris illégaux.
Le procès, déposé devant un tribunal fédéral de Virginie, soutient que Drake, Ross et Nguyen ont agi comme des promoteurs actifs de Stake.us en échange de paiements et d’un accès privilégié à la plateforme. Ils auraient ainsi attiré des utilisateurs vers des paris en ligne, les exposant à des risques de dépendance et à des pertes financières. Les plaignants affirment avoir été incités à participer à cet “environnement de jeu prédateur” après avoir visionné des promotions payantes de Drake, notamment des sessions de jeu diffusées en direct et des cadeaux.
L’action collective décrit Stake.us comme un “canal de transfert d’argent” secret, où les fonds étaient transférés via une fonction de “pourboire” entre utilisateurs. Ce système, qualifié de “transmetteur d’argent illimité et totalement non réglementé”, aurait ensuite été utilisé pour financer des campagnes de streaming frauduleuses et des attaques contre des artistes concurrents.
Selon les documents judiciaires, Drake aurait déployé des robots et des “fermes de streaming” pour gonfler artificiellement le nombre de lectures de sa musique sur des plateformes telles que Spotify, une pratique déjà dénoncée dans une récente plainte contre Spotify. Cette manipulation aurait porté atteinte à l’intégrité des classements musicaux et défavorisé les artistes légitimes.
George Nguyen est identifié dans la plainte comme le propriétaire du compte Instagram @grandwizardchatn***a. Il aurait joué un rôle clé de “courtier et facilitateur opérationnel”, recevant des cryptomonnaies via Stake et supervisant des stratégies d’amplification coordonnées sur les réseaux sociaux, y compris X, anciennement Twitter. Des publications, des discussions et des communications divulguées documenteraient la gestion directe des fonds et l’orchestration de ces campagnes par Nguyen, en collaboration avec Drake et Ross.
Cette affaire n’est pas la première à impliquer Drake et Ross dans des controverses liées à Stake. En octobre dernier, un homme du Missouri avait déjà déposé une plainte similaire contre eux et Sweepsteaks Limited, la société mère de Stake.us. Cette affaire a été transférée au tribunal fédéral le mois dernier.
Les deux plaintes, du Missouri et de la Virginie, soulignent le fonctionnement d’un système à double monnaie utilisé par Stake.us, combinant des “pièces d’or” virtuelles non échangeables avec un jeton appelé “Stake Cash”, qui peut être converti en argent réel. Ce modèle est critiqué pour sa capacité à contourner les réglementations financières et a suscité des inquiétudes de la part des législateurs. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a d’ailleurs signé une loi l’année dernière pour encadrer ce type de pratiques.
La plainte vise à représenter les résidents de Virginie qui ont subi des pertes en pariant sur Stake.us au cours des trois dernières années et allègue des violations de la loi sur la protection des consommateurs de Virginie, un complot de racket et des activités de racket en violation de la loi RICO (Racketeer Influenced and Corrupt Organizations Act).
