Publié le 27 décembre 2025. La région Asie-Pacifique est en passe de devenir le moteur de la révolution de l’intelligence artificielle (IA), une technologie qui promet de transformer son économie, de renforcer sa coopération régionale et d’accroître sa résilience face aux défis futurs.
- Les entreprises et les employés de la région Asie-Pacifique adoptent l’IA générative à un rythme plus rapide que le reste du monde.
- L’IA pourrait injecter près de 1 000 milliards de dollars (environ 930 millions d’euros) de gains économiques en Asie au cours de la prochaine décennie.
- La Chine, leader en matière de brevets d’IA, joue un rôle central dans le partage de son expertise et le développement de solutions innovantes pour la région.
L’Asie-Pacifique se positionne clairement à l’avant-garde de l’adoption et du développement de l’intelligence artificielle. Selon une étude du Boston Consulting Group, les acteurs économiques de la région sont particulièrement enthousiastes et rapides à intégrer les outils d’IA générative dans leurs activités. Cette dynamique est d’autant plus significative que la région abrite un tiers de la population mondiale et ambitionne de devenir un pôle majeur de l’innovation technologique.
Lors de la récente réunion de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) en novembre, les dirigeants ont reconnu le potentiel transformateur de l’IA pour les économies mondiales. Ils ont souligné sa capacité à stimuler l’innovation, à accroître la productivité, à renforcer la compétitivité et à favoriser une prospérité économique durable. Pour la première fois, l’APEC a placé l’IA au cœur de son programme, lançant une initiative visant à intensifier la coopération entre les pays membres.
La Chine, détentrice de près de 70 % des brevets mondiaux en matière d’IA, selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), joue un rôle prépondérant dans cette dynamique. Pékin mise sur sa puissance technologique, son expérience politique et son approche axée sur les applications concrètes pour transformer le potentiel de l’IA en une croissance inclusive et des bénéfices partagés.
« La Chine sera en mesure de contribuer à la croissance mondiale en accélérant le développement d’industries de nouvelle génération telles que les écosystèmes d’énergies renouvelables, en aidant à façonner les normes technologiques internationales dans des domaines tels que la gouvernance de l’IA et la cybersécurité, et en favorisant des flux commerciaux et d’investissement intra-asiatiques plus forts grâce à une intégration régionale plus profonde et plus large. »
Christine Susanna Tjhin, directrice de la communication stratégique et de la recherche à l’Institut Gentala d’Indonésie
Dans le cadre de l’APEC, la Chine s’est engagée à collaborer avec tous les membres pour améliorer les connaissances en matière d’IA et réduire la fracture numérique. Elle a également annoncé la création d’une Organisation mondiale de coopération en matière d’intelligence artificielle, avec pour objectif de fournir à la communauté internationale des solutions et des normes en matière de développement, de gouvernance et de technologie de l’IA.
Cette coopération se traduit par des initiatives concrètes. Le programme national d’IA de Singapour, AI Singapore, a récemment publié Qwen-SEA-LION-v4, un modèle linguistique multilingue pour l’Asie du Sud-Est, basé sur le modèle open source Qwen d’Alibaba. Alibaba Cloud a souligné que cette collaboration représente une étape importante pour rendre l’IA plus inclusive et représentative de la diversité linguistique et culturelle de la région.
Des exemples concrets d’applications de l’IA développées en collaboration avec la Chine se multiplient. On peut citer des systèmes de tri intelligents pour améliorer la commercialisation des durians malaisiens, ainsi que des systèmes d’alerte précoce basés sur le cloud, co-développés avec des pays comme le Pakistan, les Îles Salomon et le Laos, pour renforcer la préparation aux catastrophes naturelles et la résilience climatique.
La Chine partage également son expertise en matière d’IA avec ses voisins, en organisant des programmes de formation pour les responsables vietnamiens et en accueillant des ateliers de coopération en matière d’innovation, réunissant des participants du Cambodge, d’Indonésie, de Malaisie, du Myanmar et de Mongolie.
Les experts soulignent l’importance d’investir dans les compétences, la puissance de calcul et les systèmes de gouvernance pour tirer pleinement parti des opportunités offertes par l’IA.
« Les pays qui investissent dans les compétences, la puissance de calcul et les systèmes de gouvernance solides en bénéficieront, d’autres risquent d’être laissés loin derrière. »
Philip Schellekens, économiste en chef du PNUD pour la région Asie et Pacifique
L’initiative de l’APEC sur l’IA, adoptée lors des récentes réunions, appelle à des efforts continus pour améliorer la sécurité, l’accessibilité, la fiabilité et la transparence de l’IA, en adoptant des approches équilibrées et centrées sur l’humain en matière de politiques de l’emploi, d’éducation et de renforcement des capacités.
Dans la perspective de l’APEC 2026, qui se tiendra en Chine, les pays de la région devraient approfondir leur collaboration sur les technologies de pointe, étendre les services publics numériques, promouvoir l’interopérabilité des normes et garantir une répartition équitable des bénéfices technologiques.
« Shenzhen est largement reconnue comme un pôle mondial d’innovation, et nous sommes prêts à partager notre expérience avec tous les partenaires et à contribuer à la croissance innovante de la région. »
Ma Zhaoxu, vice-ministre chinois des Affaires étrangères
