Publié le 2025-11-18 23:57:00. Des propos désobligeants du chef de file de l’opposition allemande sur la ville de Belém, au Brésil, ont suscité une vive polémique à l’approche de la COP30, mettant en lumière les tensions entre les nations sur la question de la protection de l’environnement et de l’engagement financier.
- Le chancelier Friedrich Merz a comparé Belém défavorablement à l’Allemagne, déclenchant la colère du président Lula et d’autres personnalités brésiliennes.
- Berlin a tenté d’apaiser les tensions en soulignant le manque d’opportunité pour Merz d’explorer pleinement la beauté naturelle de l’Amazonie.
- L’incident intervient alors que le Brésil s’apprête à accueillir la COP30, un sommet climatique qu’il espère utiliser pour mettre en avant l’importance de la forêt amazonienne.
La visite du chancelier allemand Friedrich Merz à Belém, dans le cadre du sommet préparatoire à la COP30, a laissé un goût amer aux autorités brésiliennes. Ses remarques, rapportées par le gouvernement allemand dans la transcription de son discours devant le congrès commercial allemand, ont été perçues comme un manque de respect envers la ville et le pays.
Selon Merz, aucun des journalistes l’accompagnant n’aurait exprimé le désir de rester à Belém. Il aurait déclaré : « Mesdames et messieurs, nous vivons dans l’un des plus beaux pays du monde. J’ai demandé à certains journalistes qui étaient avec moi au Brésil la semaine dernière : lequel d’entre vous aimerait rester ici ? Personne n’a levé la main. Tout le monde était content que nous puissions surtout revenir dans la nuit de vendredi à samedi de l’endroit où nous étions pour retourner en Allemagne. »
Ces propos ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux au Brésil, provoquant une onde de critiques. Le président Luiz Inácio Lula da Silva a personnellement répondu à Merz, défendant Belém avec une pointe d’ironie. Il a suggéré que le chancelier allemand aurait dû s’immerger davantage dans la culture locale :
« Il aurait dû aller dans un bar du Pará, il aurait dû danser, il aurait dû essayer la gastronomie du Pará, car il se serait rendu compte que Berlin n’offre même pas 10 % de la qualité qu’offrent l’État du Pará et la ville de Belém »
Luiz Inácio Lula da Silva, président du Brésil
La réaction la plus virulente est venue du maire de Rio de Janeiro, Eduardo Paes, qui a qualifié Merz de « nazi » et de « petit vagabond d’Hitler » dans un tweet qu’il a ensuite supprimé. Il l’a ensuite décrit comme un « soulagement ».
L’organisation de la COP30 à Belém, une ville de 1,3 million d’habitants située à l’embouchure du fleuve Amazone, était une initiative personnelle de Lula. Il souhaitait que les décideurs internationaux soient confrontés à la réalité de l’Amazonie, malgré les défis logistiques considérables que représente l’accueil d’un événement de cette envergure. Les difficultés logistiques, notamment en matière d’infrastructures et de prix des hôtels, sont bien connues.
Merz était l’un des nombreux dirigeants invités par le Brésil à participer au sommet présidentiel précédant la COP30, qui entre dans sa phase décisive. D’autres chefs d’État et de gouvernement, tels qu’Emmanuel Macron et Pedro Sánchez, étaient également présents. L’événement a été ignoré par Donald Trump, mais n’a pas attiré non plus Xi Jinping, Narendra Modi ou le pape.
L’incident survient également dans un contexte de discussions sur le financement de la protection des forêts tropicales. Merz avait quitté Belém sans préciser la contribution économique de l’Allemagne au fonds d’investissement brésilien dédié à cet objectif. Il avait promis de discuter de la question avec son ministre des Finances à son retour à Berlin, tout en soulignant que l’engagement allemand serait « considérable » si un accord était trouvé. Le fonds d’investissement vise à mobiliser des ressources pour la protection de l’Amazonie.

