Belém, Brésil – Alors que s’ouvrait le sommet de la COP30 sur le climat en Amazonie, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a fait une apparition remarquée, se positionnant comme un acteur clé dans la lutte contre le changement climatique, en l’absence d’un leadership fédéral américain clair. Son voyage, cependant, a été éclipsé par des révélations concernant son ancienne cheffe de cabinet.
À retenir
- Gavin Newsom s’est présenté à la COP30 comme un rempart contre le recul des États-Unis en matière de politique climatique, soulignant le rôle de la Californie comme partenaire fiable.
- L’arrestation de son ancienne cheffe de cabinet, accusée de détournement de fonds et de fraudes fiscales, a jeté une ombre sur son déplacement.
- La Californie, grâce à ses politiques ambitieuses en matière d’énergie renouvelable et de réduction des émissions, entend jouer un rôle de premier plan dans les négociations internationales sur le climat.
Contexte
L’arrivée de Newsom à Belém s’est faite dans un contexte de tensions internationales sur la question climatique, exacerbées par le désengagement des États-Unis sous l’administration Trump. Le gouverneur a dénoncé une volte-face américaine, passant d’une volonté de coopération à un rejet de la science climatique. Newsom a adopté une rhétorique de plus en plus virulente à l’égard de Trump, allant de critiques argumentées à des attaques directes, une stratégie qui, selon certains, contribue à la polarisation du débat politique.
La Californie, forte de ses investissements massifs dans les énergies renouvelables, le stockage de l’énergie et l’électrification des transports, a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 21 % depuis l’an 2000, tout en enregistrant une croissance économique de 81 %. Le marché du carbone californien et les mandats zéro émission confèrent à l’État une influence significative lors de sommets comme la COP30.
Ce qui change
Newsom a affirmé que la Californie entendait combler le vide laissé par le manque de leadership américain en matière de climat. « Absolument », a-t-il répondu lorsqu’on lui a demandé si l’État se substituait aux États-Unis dans les négociations. « Et je pense que le monde nous voit sous cet angle, comme un partenaire stable, un partenaire historique… en l’absence de leadership américain. Et pas seulement une absence de leadership, le doublement de la stupidité en termes de leadership mondial en matière d’énergie propre. »
Cependant, le voyage de Newsom a été perturbé par l’annonce de l’arrestation de son ancienne cheffe de cabinet, Nancy Pelosi, accusée d’avoir détourné 225 000 $ d’un compte de campagne dormant et d’avoir frauduleusement déclaré des dépenses de luxe (sacs à main, voyages en jet privé) pour un montant d’environ 1 million de dollars. Newsom avait quitté la COP30 avant la révélation de l’acte d’accusation.
Par ailleurs, l’administration Trump a confirmé qu’aucun représentant fédéral de haut niveau ne participerait à la COP30, réaffirmant son scepticisme à l’égard des objectifs climatiques internationaux. Donald Trump a qualifié le changement climatique de « canular » et de « la plus grande arnaque jamais perpétrée ». Il a également annoncé son intention de révoquer le pouvoir de la Californie de fixer des normes d’émissions plus strictes que celles du gouvernement fédéral et de se retirer de l’Accord de Paris sur le climat.
Prochaines étapes
Newsom devrait poursuivre sa visite en Amazonie, où il prévoit de se rendre sur des sites de projets de reforestation. Il a souligné l’importance de comprendre les enjeux liés à la protection de cette région cruciale pour la planète. À son retour, il devra également faire face aux conséquences de l’arrestation de son ancienne cheffe de cabinet et aux critiques concernant certaines de ses récentes décisions en matière d’environnement, notamment l’approbation de nouveaux puits de forage pétrolier dans le comté de Kern.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Réduction des émissions de gaz à effet de serre de la Californie (depuis 2000) | 21 % |
| Croissance économique de la Californie (depuis 2000) | 81 % |
| Montant présumé détourné par l’ancienne cheffe de cabinet | 225 000 $ (environ 137 000 €) |
| Valeur estimée des dépenses frauduleuses | 1 million de dollars (environ 920 000 €) |
Sources
Déclarations de Gavin Newsom lors de la COP30.
Communiqué de presse de l’administration Trump.
