Publié le 24 septembre 2024 14:30:00. Une association hongroise, Mécses, met en relation des bénévoles avec des détenus par le biais d’une correspondance régulière, offrant un soutien moral et favorisant la réinsertion sociale. Ce dispositif, inspiré par un appel du pape François, repose sur la conviction que le simple fait d’écrire peut changer des vies.
- Mécses, fondée en 1991, propose un service de correspondance anonyme entre bénévoles et prisonniers.
- L’association ne requiert aucune affiliation religieuse, accueillant des bénévoles et des détenus de toutes confessions ou sans conviction religieuse.
- La correspondance est perçue comme bénéfique pour les deux parties, encourageant l’ouverture d’esprit et la remise en question des préjugés.
C’est en 1991 que Mátyás Majzik, après avoir travaillé au sein du système pénitentiaire et obtenu un diplôme en théologie, a donné naissance à Mécses. Initialement diacre, il a souhaité mettre en pratique les principes du ministère pénitentiaire en lançant ce service de courrier. Aujourd’hui dirigée par Gabriella Tarján, l’association s’appuie sur un réseau de bénévoles pour maintenir ce lien essentiel avec les personnes incarcérées.
« Le pape François nous a invités à sortir de nos discussions théoriques et à aller au contact de ceux qui sont dans le besoin », explique Gabriella Tarján. « Avec quatre jeunes enfants, cette forme d’engagement me semblait à la fois accessible et flexible. » L’idée est simple : n’importe qui peut devenir bénévole, puis se voit attribuer un correspondant parmi les détenus. La correspondance se fait ensuite de manière mensuelle et anonyme, via les bureaux de l’association, garantissant ainsi la confidentialité des deux parties.
Ce système présente l’avantage de préserver l’anonymat des correspondants, évitant que l’adresse d’une prison ne figure sur les enveloppes. Selon Gabriella Tarján, l’ouverture d’esprit est la seule qualité requise pour être un bon correspondant. « Nous constatons que les personnes qui mènent une vie épanouie sont souvent les plus à même d’aider. Il s’agit d’une relation humaine mutuelle, différente de celle que l’on entretient avec un psychologue. Une lettre peut véritablement sauver une vie, mais l’objectif est de construire une relation durable, ce qui demande un engagement à long terme. »
Bien que la majorité des bénévoles soient issus d’une communauté chrétienne, Mécses s’adresse à tous, sans distinction de religion. Des athées, des juifs et des musulmans figurent également parmi les prisonniers, et toute forme de prosélytisme est formellement interdite. L’association observe une forte proportion de femmes et de personnes âgées parmi ses bénévoles, mais accueille également des jeunes adultes désireux de s’engager.
La correspondance, lorsqu’elle est fructueuse, est une expérience enrichissante pour les deux parties. « Nous recevons bien plus qu’une simple lettre par mois », témoigne Gabriella Tarján. « Lorsque l’on écrit cinq pages, des réflexions émergent auxquelles on n’aurait jamais pensé auparavant. »
« Tout le monde insiste sur la nécessité pour les détenus de changer afin de se réinsérer, mais nous devons aussi être prêts à évoluer, au moins suffisamment pour dépasser nos préjugés et leur donner une chance. »
Gabriella Tarján, directrice de Mécses
« C’est un service humble, une sorte de lavement des pieds, où notre foi peut s’exprimer pleinement en allant à la recherche de la brebis perdue », conclut Gabriella Tarján.

Gabriella Tarján, directrice de Mécses
Cabrera Martin
