Publié le 4 janvier 2026 à 02h23. Suite à une opération militaire américaine à Caracas et dans d’autres régions du Venezuela, la Cour suprême de justice vénézuélienne a désigné Delcy Rodríguez comme présidente par intérim du pays, invoquant une situation de force majeure.
- Delcy Rodríguez, vice-présidente exécutive, assume les fonctions présidentielles après la capture de Nicolás Maduro par les États-Unis.
- La Cour suprême de justice a ordonné d’informer immédiatement Rodríguez, le Conseil de défense national, l’armée et le Parlement de cette décision.
- L’activation du Conseil de défense nationale, dirigé par Rodríguez, et la soumission d’un décret d’état de troubles extérieurs à la Cour suprême sont également annoncées.
La Cour suprême de justice (TSJ) du Venezuela a pris cette décision ce samedi, suite à ce qu’elle qualifie d’« enlèvement » du président Nicolás Maduro par les forces armées américaines et de son transfert sur le territoire américain. La TSJ considère cette situation comme « exceptionnelle, atypique et de force majeure non prévue littéralement dans la Constitution vénézuélienne ». L’objectif principal est de garantir la continuité administrative de l’État et la défense de la nation, sans pour autant porter de jugement définitif sur la nature juridique de l’absence présidentielle (temporaire ou absolue).
Selon une déclaration lue par Tania D’Amelio, présidente de la Chambre constitutionnelle, et diffusée à la radio et à la télévision, il est ordonné à Delcy Eloína Rodríguez Gómez, vice-présidente exécutive, d’« assumer et exercer en sa qualité de responsable tous les pouvoirs, devoirs et facultés inhérents à la charge de président de la République bolivarienne du Venezuela, afin de garantir la continuité administrative et la défense intégrale de la nation ».
La Constitution vénézuélienne, approuvée en 1999, prévoit en son article 234 que les absences temporaires ou absolues du président sont compensées par le vice-président exécutif pour une période maximale de 90 jours, prorogeable par le Parlement pour une durée équivalente. Si l’absence dépasse les 90 jours consécutifs, le Parlement doit décider à la majorité de ses membres si elle doit être considérée comme une absence absolue.
Des experts consultés par l’agence EFE soulignent que la Constitution actuelle s’appuie sur la vice-présidence exécutive en cas d’absence du président. Cependant, ils notent que la situation actuelle est inédite, d’autant plus qu’elle survient après des élections présidentielles de 2024 dont la légitimité est contestée.
Par ailleurs, Delcy Rodríguez a annoncé l’activation du Conseil de défense nationale, qu’elle dirige, et a soumis un décret d’état de troubles extérieurs à la TSJ pour approbation et mise en vigueur. Ce conseil dispose du pouvoir de mobiliser les Forces armées nationales bolivariennes sur l’ensemble du territoire, de prendre le contrôle militaire immédiat des infrastructures de services publics et de l’industrie pétrolière afin d’en assurer le « plein fonctionnement ».
L’installation d’une nouvelle législature (2026-2031), dominée par le chavisme, est prévue ce lundi 5 janvier. C’est lors de cette session que le président et les autres dirigeants de ce pouvoir devraient prêter serment.
