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Le honteux réseau de corruption révélé par le pré-accord du général Jorge Salgado

by Nicolas Lefèvre

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Un vaste réseau de corruption impliquant des hauts gradés de l’armée colombienne a été confirmé par la Cour suprême de justice, révélant des détournements de fonds publics pour des avantages personnels, notamment des voyages, des repas et des cadeaux de luxe.

  • La Cour suprême a approuvé l’accord conclu avec le général Jorge Arturo Salgado pour corruption dans l’attribution de contrats de la Septième Division de l’Armée.
  • Le système de corruption fonctionnait via des pots-de-vin, notamment des tickets-restaurant, et impliquait plusieurs officiers.
  • Des entreprises, Distrilogistica SAS et Ingecodi SAS, ont été favorisées dans l’attribution de contrats en échange d’avantages pour le général Salgado et son entourage.

La Cour suprême de justice a validé un accord de plaidoyer avec le général Jorge Arturo Salgado, impliqué dans une affaire de corruption concernant l’attribution de contrats publics au sein de la Septième Division de l’Armée. L’enquête, fruit de 45 pages d’analyse, met en lumière un système sophistiqué de détournement de fonds, où des entreprises obtenaient des marchés en échange d’avantages accordés à des officiers supérieurs.

Entre 2015 et 2017, alors qu’il commandait la Septième Division à Antioquia, le général Salgado est accusé d’être intervenu directement dans les processus contractuels, orientant les appels d’offres vers deux sociétés en particulier : Distrilogistica SAS, pour la gestion de la cafétéria, et Ingecodi SAS, pour les travaux de construction du Bataillon 4. L’enquête révèle que le général Salgado, considéré comme le cerveau de la corruption et le principal bénéficiaire, s’est entouré d’intermédiaires pour faciliter ces arrangements.

Le colonel Harold Felipe Páez, commandant du bataillon 4 Yariguíes, a avoué avoir reçu des « instructions de ses supérieurs » via le major José William González Lozano et un lieutenant nommé Quijano, afin de favoriser les entreprises bénéficiant des travaux au sein de son bataillon. Au total, 14 contrats ont été attribués de manière frauduleuse. Selon le témoignage du colonel Páez, les appels d’offres étaient truqués en divulguant aux fournisseurs les conditions du cahier des charges à l’avance, et en les adaptant à leurs besoins.

Les propriétaires de ces entreprises, Samir García et Viviana González, avaient préalablement conclu un accord avec les membres du bataillon 4 pour garantir l’obtention illégale des contrats. Le colonel Páez a déclaré :

« Lorsque cela se produisait, le major González ou le lieutenant Quijano y participaient normalement, faisant partie de la division et leur demandant de collaborer pour qu’un fournisseur X ou Y, en l’occurrence Distrilogistica, puisse obtenir un contrat. L’argument était toujours le même, pour répondre à un besoin de cette unité. »

L’enquête a également mis en évidence le rôle du colonel Gabriel Fernando Marín Peñaloza, chef d’état-major de la division, dont le nom revient régulièrement dans les témoignages. Selon les interrogatoires de Samir Fernando García, le colonel Marín Peñaloza acceptait de « répondre aux exigences particulières » de la Septième Division en échange de l’attribution de contrats qui permettraient de payer les « dettes acquises » du général Salgado et de financer ses loisirs.

Le sergent Luis Quijano a également témoigné contre le colonel Marín Peñaloza, affirmant l’avoir rencontré en 2016 et avoir reçu de lui des instructions pour manipuler les offres.

« Il m’a dit que lorsque des « billets » ou des « choses d’urgence » étaient nécessaires, il fallait « s’entendre » avec l’entrepreneur bénéficiaire. »

a-t-il déclaré à la Cour suprême, précisant que le colonel Marín Peñaloza était l’un des collaborateurs de confiance du général Salgado.

Selon le tribunal, le colonel Marín Peñaloza, le major José William González Lozano, le colonel Jorge Adrián Pilonieta et le sergent Quijano ont agi de concert pour détourner les contrats au profit du général Jorge Arturo Salgado Restrepo. Le lieutenant-colonel Páez Roa a confirmé que le major González, le capitaine Pilonieta et le sous-sergent Quijano étaient chargés de transmettre les instructions à Distrilogistica, ce qui se traduisait par des « récompenses ».

Le même schéma a été observé avec la société Ingecodi SAS, représentée par l’ingénieur Viviana González. Le colonel Páez a affirmé que le général Salgado avait donné l’ordre de confier à cette entreprise les contrats de réparation et d’entretien du bataillon 4. Il a même déclaré que le colonel Marín Peñaloza lui avait transmis les instructions de Salgado pour que les contrats soient attribués à l’ingénieur tels qu’ils étaient initialement établis.

La Cour suprême a conclu que Salgado avait « donné les premières commandes, autorisé la manipulation des processus contractuels et permis la satisfaction de ses intérêts privés aux dépens du trésor public », en utilisant les fonds de la Septième Division pour couvrir ses dépenses personnelles et celles de sa famille. Le colonel Marín Peñaloza est décrit comme celui qui a « assuré la direction du pacte illégal », tandis que les autres officiers et sous-officiers transmettaient et exécutaient les instructions, et le colonel Páez « adaptait la discrétion des entrepreneurs, les spécifications et les récompenses ».

Le général Salgado a bénéficié de cadeaux somptueux en échange de sa manipulation des contrats. La Cour suprême a recueilli des preuves accablantes concernant le paiement de billets d’avion, de dépenses au restaurant et même l’achat d’une montre. Salgado aurait également exigé le remboursement de son téléphone portable et de sa télévision, ainsi que le financement d’une ferme de vacances et de billets pour des concerts.

L’affaire met en évidence un réseau de corruption profondément enraciné au sein de la Septième Division, où les fonds publics étaient utilisés pour financer le train de vie luxueux du général Salgado et de ses complices. La sentence est désormais attendue.

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