Publié le 22 octobre 2025 à 21h03. Selon les banques, la richesse se mesure désormais en chiffres précis. Découverte des seuils à franchir pour bénéficier d’avantages exclusifs et d’une gestion patrimoniale personnalisée.
- Les banques distinguent trois niveaux de richesse : « aisés » (100 000 à 1 million d’euros), « High Net Worth Individuals » (HNWI) – plus d’un million d’euros – et « Ultra High Net Worth Individuals » (UHNWI) – plus de 30 millions d’euros.
- Au-delà de 100 000 euros, les clients bénéficient de conditions préférentielles, tandis qu’une gestion personnalisée ne devient réellement intéressante qu’à partir d’un million d’euros.
- La concurrence entre les banques pour attirer cette clientèle fortunée est intense, impliquant des institutions allemandes, suisses, liechtensteinoises et américaines.
Posséder une grande maison, une voiture de luxe ou voyager fréquemment sont souvent perçus comme des signes de richesse. Cependant, pour les banques, la véritable mesure de la fortune réside dans le montant des actifs disponibles. Selon un article du Frankfurter Allgemeine Zeitung, la ligne est tracée avec précision.
Ainsi, toute personne disposant d’un patrimoine compris entre 100 000 et 1 million d’euros est considérée comme « aisée », c’est-à-dire riche, dans le milieu financier. Dès que le seuil du million d’euros est franchi, on entre dans la catégorie des HNWI (High Net Worth Individual, soit « personne fortunée »), et l’on devient officiellement « riche ». Ceux qui dépassent les 30 millions d’euros accèdent quant à eux au cercle très fermé des UHNWI (Ultra High Net Worth Individuals, soit « personne ultra-fortunée »), la crème de la crème.
Ces différents segments de clientèle représentent un enjeu majeur pour les banques. Ils génèrent des revenus stables, sont plus fidèles et moins susceptibles de changer d’institution que les épargnants traditionnels. La compétition est donc féroce, impliquant non seulement les banques privées et les caisses d’épargne allemandes, mais aussi des acteurs suisses et liechtensteinois, ainsi que de grandes banques américaines qui cherchent à s’implanter sur ce marché lucratif.
Atteindre les six chiffres sur son compte bancaire ouvre la porte à des avantages concrets : conseils personnalisés, délais d’attente réduits et conditions financières plus avantageuses. Au-delà, les clients fortunés peuvent souvent bénéficier d’un interlocuteur dédié, joignable par téléphone ou par e-mail, capable d’adapter les investissements à leur situation personnelle.
L’analyse du profil du client est également prise en compte. Par exemple, un conseiller bancaire pourrait recommander à un client dont les revenus proviennent du secteur technologique de diversifier son portefeuille en investissant dans d’autres secteurs d’activité.
Cependant, même les millionnaires ne bénéficient pas toujours de produits financiers parfaitement adaptés à leurs besoins. Les banques ont tendance à simplifier leurs offres en proposant une gamme standard de produits, qu’elles adaptent ensuite aux demandes spécifiques de chaque client. Une personnalisation plus poussée n’intervient généralement qu’à partir d’un patrimoine compris entre 1 et 5 millions d’euros, ouvrant l’accès à des investissements alternatifs tels que des projets d’infrastructure ou énergétiques.
Pour les détenteurs de plus de 30 millions d’euros, l’accès à ces produits devient la norme, et les offres financières se personnalisent davantage. Mais cette exclusivité a un coût : certaines banques facturent des frais allant jusqu’à 1,9 % par an pour la gestion de fonds sur mesure, soit 1 900 euros par an pour un investissement de 100 000 euros.
Reste à savoir si les rendements générés par ces fonds justifient de tels frais. Il est possible que les personnes fortunées obtiennent de meilleurs résultats en gérant elles-mêmes leurs investissements.
