Même après 50 ans, arrêter de fumer peut significativement freiner le déclin des fonctions cognitives, selon une étude britannique. Des chercheurs de l’University College London ont démontré que les fumeurs qui cessent de consommer du tabac, quel que soit leur âge, bénéficient d’une amélioration notable de leur mémoire et de leurs capacités verbales.
- Arrêter de fumer, même à un âge avancé, ralentit le déclin cognitif.
- Les ex-fumeurs présentent une diminution de 20 % plus lente de leurs performances aux tests de mémoire.
- L’amélioration est encore plus marquée pour les compétences linguistiques, avec une diminution deux fois moins rapide des scores.
L’étude, menée auprès de plus de 4 700 personnes, a comparé l’évolution cognitive de fumeurs ayant arrêté de fumer à celle d’un groupe témoin de fumeurs actifs. Les participants, d’âge moyen de 58 ans, étaient similaires en termes d’origine, de sexe, d’âge et de niveau d’éducation. Les chercheurs ont analysé les résultats de tests réguliers évaluant la mémoire et les compétences verbales, sur une période de six ans avant et après l’arrêt du tabac.
Les résultats ont révélé que, durant les six années précédant l’arrêt, les deux groupes affichaient un déclin cognitif similaire. Cependant, après l’arrêt, une divergence significative est apparue : les ex-fumeurs ont vu leur déclin de mémoire ralenti de 20 %, et leurs compétences linguistiques se sont dégradées deux fois moins vite que celles des fumeurs actifs. Ces différences, cumulées au fil des années, suggèrent qu’arrêter de fumer peut permettre de gagner des années de clarté mentale.
Ces observations ne sont pas surprenantes, compte tenu des effets délétères du tabac sur le cerveau. La consommation de tabac endommage les vaisseaux sanguins qui irriguent le cerveau, réduisant ainsi l’apport d’oxygène nécessaire à son bon fonctionnement. De plus, le tabagisme provoque une inflammation chronique, tant dans l’organisme que dans le cerveau, entraînant des lésions tissulaires progressives. Enfin, les substances toxiques contenues dans la fumée de cigarette génèrent un stress oxydatif, créant des radicaux libres qui endommagent directement les cellules cérébrales. Heureusement, une grande partie de ces dommages peut être réparée ou stabilisée une fois le tabagisme arrêté.
Cette recherche confirme des études antérieures qui ont montré que le cerveau des personnes de plus de 65 ans ayant arrêté de fumer plus jeunes présente des caractéristiques similaires à celui des non-fumeurs. Il a également été établi que les ex-fumeurs présentent le même risque de démence que les non-fumeurs, à condition qu’au moins dix ans se soient écoulés depuis l’arrêt du tabac.
« Cette découverte est particulièrement importante car les fumeurs d’âge moyen et plus âgé sont moins susceptibles d’arrêter de fumer que les jeunes, alors qu’ils sont disproportionnellement touchés par les effets nocifs du tabagisme. La preuve que l’arrêt du tabac peut favoriser la santé cognitive pourrait fournir une nouvelle motivation convaincante à ce groupe pour tenter d’arrêter », a déclaré Mikaela Bloomberg, auteure principale de l’étude, dans un communiqué de presse.
Il est important de noter que cette étude est observationnelle, ce qui signifie que les chercheurs ont suivi les participants sans intervenir directement. Bien que les groupes étudiés soient comparables, des différences subtiles pourraient exister et influencer les résultats. Par conséquent, il n’est pas possible d’affirmer avec certitude que l’arrêt du tabac est la seule cause du ralentissement du déclin cognitif. D’autres facteurs, tels que l’adoption d’habitudes de vie plus saines chez les personnes qui choisissent d’arrêter de fumer, pourraient également jouer un rôle.
La question de savoir si ces améliorations cognitives sont permanentes reste ouverte, mais cette nouvelle recherche suggère que les bénéfices de l’arrêt du tabac persistent dans le temps.
