L’escalade du conflit en Ukraine s’accompagne d’appels à une implication européenne plus forte, de contre-accusations et de désinformation. Des frappes aériennes russes ont fait des blessés à Zaporizhzhia, tandis que Moscou met en garde ses citoyens contre tout voyage en Allemagne.
Manfred Weber, chef du groupe conservateur PPE au Parlement européen, plaide pour une présence militaire allemande sous bannière européenne en Ukraine, estimant que l’Europe doit prendre ses responsabilités pour garantir une paix durable. « Je veux des soldats arborant le drapeau européen sur leur uniforme qui assureront la paix avec nos amis ukrainiens », a-t-il déclaré aux médias du groupe Funke. Il a également mis en doute la capacité d’une éventuelle administration Trump à négocier une solution de paix sans le soutien européen. « Nous ne pouvons sérieusement espérer que Trump obtienne une solution de paix avec les seuls GI américains. Et quand nous parlons de troupes européennes, l’Allemagne ne peut pas être laissée de côté », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d’une présence européenne le long de la ligne de sécurité après un éventuel cessez-le-feu.
Par ailleurs, la Russie a déconseillé à ses citoyens de se rendre en Allemagne, dénonçant une « persécution injustifiée » des ressortissants russes par les autorités allemandes, selon les déclarations de la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Marija Zakharova, publiées sur X.
Le Centre ukrainien de lutte contre la désinformation a mis en lumière une campagne de désinformation russe utilisant le nom de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) afin de diffuser de fausses informations sur les capacités nucléaires françaises. La propagande, attribuée à l’ISW, affirme que seulement 30 % des forces nucléaires françaises seraient opérationnelles, une affirmation que l’ISW dément formellement. Le centre ukrainien souligne que cette tactique s’inscrit dans une stratégie plus large visant à discréditer la France, ses capacités de défense et le président Emmanuel Macron, ainsi qu’à semer le doute sur la solidité de l’OTAN.
À Moscou, le critique du Kremlin et partisan de la guerre, Sergueï Oudaltsov, a été condamné à six ans de prison pour avoir prétendument justifié le terrorisme. Il avait menacé d’entamer une grève de la faim illimitée en cas de condamnation. « Une décision honteuse. J’espère que tous ceux qui l’ont prise seront tenus responsables », a-t-il déclaré, cité par le site d’opposition Meduza.
Sur le terrain, des frappes aériennes russes ont blessé quatre personnes dans la région de Zaporizhzhia, dont trois femmes âgées de 80, 65 et 57 ans, ainsi qu’un homme de 71 ans. Des habitations ont également été endommagées, les forces russes ayant utilisé des missiles KAB, selon les sources ukrainiennes.
Enfin, des sénateurs américains des deux partis ont fermement condamné les attaques russes contre plusieurs villes ukrainiennes pendant les fêtes de Noël, dénonçant un acte de cruauté et un manque total de respect pour les traditions de trêve. Ils ont qualifié Vladimir Poutine de « meurtrier impitoyable » qui ne peut être tenu pour responsable.
L’experte économique russe Alexandra Prokopenko estime que l’absence d’opposition interne au sein du gouvernement russe a facilité le déclenchement de la guerre en Ukraine. Elle décrit une administration dépolitisée où la morale collective supplante la conscience individuelle, et où les sanctions occidentales limitent les alternatives à la politique de Poutine.
