Publié le 27 novembre 2025 à 05h31. L’intelligence artificielle s’invite dans nos navigateurs web, déclenchant une nouvelle course à l’innovation. Plusieurs acteurs, d’OpenAI à Google en passant par Opera, lancent des navigateurs ou des extensions intégrant des fonctionnalités d’IA avancées, promettant de transformer notre expérience en ligne.
- OpenAI lance Atlas, un navigateur basé sur Chrome et intégrant ChatGPT.
- Perplexity propose Comet, un navigateur axé sur l’automatisation de tâches.
- Google intègre Gemini à Chrome via une extension, offrant des capacités d’IA contextuelles.
Le marché des navigateurs web, longtemps dominé par quelques acteurs établis, connaît une nouvelle dynamique. Après l’ascension et le déclin d’Internet Explorer face à la concurrence de Chrome, l’intelligence artificielle devient le nouveau moteur de l’innovation. Cette fois, la compétition ne se limite pas à la vitesse ou aux fonctionnalités, mais à la capacité d’intégrer une IA performante et intuitive.
OpenAI, fort de son succès avec ChatGPT, ne se contente pas de proposer un simple assistant conversationnel. L’entreprise a lancé Atlas, un navigateur web construit sur la base de Chrome, mais enrichi d’une intelligence artificielle au cœur de son fonctionnement. Ce navigateur permet de poser des questions sur le contenu d’une page web, de modifier du texte ou encore de bénéficier d’un agent capable d’effectuer des tâches de manière autonome, comme la réservation d’hôtels ou la création de documents. L’accès à certaines de ces fonctionnalités avancées est réservé aux abonnés payants d’OpenAI.
Perplexity, une autre entreprise spécialisée dans la recherche par IA, a également fait son entrée sur le marché des navigateurs avec Comet. Initialement disponible sur ordinateur, Comet se distingue par sa capacité à automatiser des tâches complexes, allant de la vérification et du résumé d’e-mails à la planification de réunions ou à la création de programmes. L’application est désormais disponible sur Android et devrait bientôt l’être sur iOS. Perplexity met en garde contre les nouvelles vulnérabilités liées à l’IA.
Google, de son côté, a choisi d’intégrer son IA, Gemini, à son navigateur Chrome via une extension. Cette extension permet aux utilisateurs de trouver des réponses basées sur les onglets ouverts, d’obtenir des explications sur des concepts complexes ou d’utiliser Gemini comme un assistant de recherche. Le déploiement de cette fonctionnalité est progressif, en commençant par les utilisateurs américains, et devrait également arriver sur mobile.
Opera ne reste pas en reste avec Opera One, qui offre un accès gratuit à son assistant Opera AI (anciennement Aria), sans nécessiter de compte. Opera One se distingue également par sa compatibilité avec des modèles d’IA tiers, tels que Llama de Meta et Gemma de Google, permettant aux utilisateurs de choisir l’IA qui leur convient le mieux.
Microsoft propose également une intégration d’IA à son navigateur Edge, via Copilot. Copilot, basé sur la technologie ChatGPT, permet de rechercher des sujets, de poser des questions sur le contenu à l’écran, de résumer des pages web et de générer des images. L’entreprise souligne l’importance de la gestion des données et offre aux entreprises la possibilité de définir des limites sur la manière dont leurs données sont utilisées par l’IA.
Enfin, Fellou, un navigateur basé sur Chromium, propose une navigation de base gratuite, mais ses fonctionnalités avancées, telles que les tâches automatisées et la gestion de la mémoire, nécessitent l’achat de crédits.
Cependant, cette nouvelle génération de navigateurs n’est pas sans risques. Les experts soulignent les dangers liés à la transmission de données personnelles et d’habitudes de navigation à des entreprises d’IA, ainsi qu’à la possibilité de manipulation des processus d’IA par des acteurs malveillants via des attaques par “injection rapide” (prompt injection). Brave a identifié plusieurs vulnérabilités dans les nouveaux navigateurs et a alerté leurs créateurs.
« L’expérience nous a appris que la sécurité n’est pas une fonctionnalité à ajouter après le lancement, mais une exigence fondamentale qui nécessite de réimaginer la façon dont les actions malveillantes sont conçues et d’où proviendront ces attaques », a déclaré l’équipe de sécurité de Perplexity dans un article de blog.
