Publié le 2026-01-04 06:00:00. Malgré un ensoleillement généreux, une proportion alarmante de la population espagnole souffre d’une carence en vitamine D, avec des conséquences potentielles sur la santé osseuse, immunitaire et cardiovasculaire.
- Plus de 75 % des adultes d’une région méditerranéenne présentent des niveaux de vitamine D sous-optimaux.
- Les personnes âgées, les individus obèses et ceux ayant un mode de vie sédentaire sont particulièrement à risque.
- L’exposition solaire contrôlée, une alimentation riche en poisson gras et, si nécessaire, une supplémentation sont des solutions pour pallier cette carence.
La vitamine D, souvent qualifiée d’hormone, est essentielle au bon fonctionnement de l’organisme. Si le corps est capable de la synthétiser grâce à l’exposition au soleil, un nombre croissant d’Espagnols en manquent, même dans les régions les plus ensoleillées. Les spécialistes soulignent que cette carence, ou hypovitaminose D, est de plus en plus liée à nos modes de vie modernes.
Des études récentes mettent en évidence l’ampleur du phénomène. Dans une région méditerranéenne, plus de 75 % des adultes présentent des taux de vitamine D inférieurs aux recommandations. Chez les enfants, ce chiffre s’élève à 31,86 % et grimpe même à 52,87 % pendant l’hiver, lorsque l’exposition au soleil est réduite.
Qui est concerné ?
Certains groupes de population sont plus vulnérables que d’autres. Les personnes âgées, par exemple, voient leur capacité à synthétiser la vitamine D diminuer avec l’âge. L’obésité constitue également un facteur de risque, car la vitamine D, étant liposoluble, a tendance à se stocker dans les cellules graisseuses, la rendant moins disponible pour l’organisme. Les patients atteints de maladies chroniques, dont les traitements peuvent interférer avec le métabolisme de la vitamine D, sont également concernés.
Les nourrissons, en raison de leur faible exposition au soleil et de leur régime alimentaire spécifique, ainsi que les personnes ayant un mode de vie sédentaire et une faible exposition solaire, sont également à risque.
Conséquences
La vitamine D est un micronutriment fondamental pour la santé globale. Au-delà de son rôle bien connu dans le maintien de la santé osseuse et musculaire, elle joue un rôle crucial dans le renforcement et la régulation du système immunitaire, en favorisant la production de substances antimicrobiennes et en modulant l’activité des cellules de défense.
Selon le Dr Begoña Ortiz Saint-Domingue, directrice de l’Espace Scientifique de Farmasierra, « il existe une relation importante entre la carence en vitamine D et d’autres pathologies telles que les troubles cardiovasculaires (hypertension ou infarctus du myocarde), le cancer (côlon, prostate ou sein), la maladie cœliaque, le diabète sucré, les complications de la grossesse et de l’accouchement, les processus inflammatoires… entre autres. »
Pour améliorer ses niveaux de vitamine D, une exposition solaire contrôlée est essentielle. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime qu’une exposition directe de 10 à 15 minutes sur les bras et le visage, trois fois par semaine, peut suffire à couvrir une grande partie des besoins de nombreuses personnes. Il est toutefois important d’adapter ces durées en fonction du phototype de peau, de la saison et de toujours éviter les brûlures en utilisant une protection solaire appropriée.
L’alimentation constitue un deuxième pilier. La consommation de poisson bleu (saumon, maquereau, sardine, hareng) deux à trois fois par semaine, ainsi que des œufs et des produits laitiers enrichis, sont de bonnes sources de vitamine D. Son absorption est optimisée lorsqu’elle est consommée avec des graisses saines.
Enfin, la supplémentation peut être envisagée, en particulier pour les groupes à risque ou pendant l’hiver. Il est recommandé de consulter un professionnel de la santé pour évaluer les besoins individuels et déterminer la dose appropriée.
