Publié le 22 décembre 2023 21:20:00. La Russie développerait une arme capable de neutraliser le réseau de satellites Starlink, crucial pour les communications et le renseignement de l’armée ukrainienne, une action qui pourrait également perturber les infrastructures spatiales d’autres nations.
- Les services de renseignement de deux pays membres de l’OTAN affirment que la Russie travaille sur une arme anti-satellite.
- Cette arme consisterait à disperser des milliers de fragments métalliques dans l’espace pour perturber les satellites Starlink.
- Une telle attaque pourrait avoir des conséquences imprévisibles pour l’ensemble des infrastructures spatiales, y compris celles de la Russie et de la Chine.
La Russie chercherait à priver l’Ukraine d’un outil essentiel à sa défense : le réseau de satellites Starlink, fourni par l’entreprise SpaceX d’Elon Musk. Selon des sources au sein des services de renseignement de deux pays de l’OTAN, citées par l’agence de presse Associated Press, Moscou développerait une arme spécifiquement conçue pour neutraliser ce réseau.
Starlink joue un rôle vital dans la guerre en Ukraine, permettant notamment la transmission des images capturées par les drones. « Starlink est utilisé pour diffuser les vidéos prises par les drones. Et les vidéos déterminent où nous attaquons », expliquait en mars dernier le soldat ukrainien Kyrylo Romanov au journal Dagbladet. La perte de ce réseau constituerait donc un coup dur pour les forces ukrainiennes.
L’arme envisagée par la Russie consisterait à éjecter des centaines de milliers de petits fragments métalliques – qualifiés de « pellets » – sur une orbite située à environ 550 kilomètres (342 miles) de la Terre, là où se trouvent les satellites Starlink. Une telle action créerait un nuage de débris susceptible de rendre l’espace inutilisable, non seulement pour Starlink, mais aussi pour d’autres satellites.
Les experts s’accordent sur le fait qu’une telle attaque aurait des conséquences imprévisibles. Selon l’AP, le chaos régnerait dans l’espace, affectant les entreprises et les pays disposant de satellites à la même altitude, y compris la Russie et son alliée, la Chine.
Victoria Samson, de la Fondation américaine pour un monde sécurisé (Secure World Foundation), se montre prudente :
« Franchement, je serais très surprise s’ils envisageaient de faire quelque chose comme ça. »
Le général canadien Christopher Horner, en revanche, estime que cette possibilité ne peut être exclue, compte tenu des informations récentes concernant les plans d’armement nucléaire russe. « Ce n’est pas impensable », a-t-il déclaré à l’AP.
L’agence de presse n’a pas obtenu de réponse à ses demandes d’information auprès de Dimitri Peskov, porte-parole du Kremlin.
Au-delà des considérations techniques et stratégiques, une attaque contre Starlink pourrait également avoir des implications politiques. Elon Musk, le propriétaire de l’entreprise, entretient une relation complexe avec le président américain Donald Trump. Il est peu probable que ce dernier apprécie de voir un de ses anciens alliés potentiellement mis en difficulté.
