Publié le 24 octobre 2023 05:03:00. Le gouvernement irlandais mise sur un plan ambitieux pour relancer la construction de logements, notamment en offrant des incitations fiscales significatives aux promoteurs immobiliers, dans le cadre du budget 2024 présenté aujourd’hui.
- Une réduction de la taxe sur les sociétés est prévue pour les bénéfices tirés de la construction de certains appartements.
- La TVA sur les ventes de nouveaux logements sera abaissée à 9 %, et le crédit d’impôt pour les locataires sera maintenu.
- Des augmentations modestes des aides sociales et des allocations familiales sont également prévues, mais sans réduction de l’impôt sur le revenu.
Le budget 2024, d’un montant total de 9,4 milliards d’euros, s’inscrit dans une enveloppe globale de dépenses publiques de 120 milliards d’euros pour l’année en cours. Cette somme est répartie entre les dépenses votées par le Parlement (105 milliards d’euros) et les dépenses non votées, incluant le service de la dette et les contributions de l’Irlande à l’Union européenne. Les principaux postes de dépenses concernent le bien-être social (27 milliards d’euros), la santé (26 milliards d’euros) et l’éducation (12 milliards d’euros), financés principalement par l’impôt sur les sociétés (34 milliards d’euros), l’impôt sur le revenu (36 milliards d’euros) et la TVA (23 milliards d’euros).
L’un des axes majeurs de ce budget est la volonté de stimuler l’offre de logements, confrontée à une crise persistante. Outre la réduction de la TVA sur les ventes de nouveaux appartements, qui passera à 9 % à partir de juillet prochain, le gouvernement examine une exonération ou une réduction de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises construisant des logements locatifs à loyers modérés. Le secteur de la construction pourrait donc bénéficier d’un coup de pouce significatif.
D’autres mesures fiscales sont également prévues, notamment le maintien du crédit d’impôt pour les locataires et la prolongation du taux réduit de TVA de 9 % sur les factures d’énergie. L’allégement fiscal sur les intérêts hypothécaires sera prolongé de deux ans, mais diminuera progressivement : les contribuables pourront bénéficier du niveau actuel de 1 250 € en 2025, puis de 625 € en 2026.
Le gouvernement entend également étendre l’Initiative Living City, qui encourage la rénovation des bâtiments dans certaines zones urbaines, à un plus grand nombre de villes. Le schéma d’aide à l’achat sera quant à lui maintenu. Une réforme de l’impôt foncier est également envisagée, dans le but de mieux répartir la charge fiscale.
En matière de protection sociale, les allocations de base seront augmentées de 10 € par semaine, et les allocations familiales augmenteront de 8 € pour les enfants de moins de 12 ans et de 16 € pour les enfants de 12 ans et plus. Les allocations de rentrée scolaire et de vêtements seront élargies aux enfants de deux et trois ans, et l’éligibilité à l’allocation de carburant sera étendue aux bénéficiaires de l’allocation familiale qui travaillent. Les seuils de revenu pour cette dernière augmenteront de 60 €. L’allocation pour les aidants devrait également augmenter de 375 € pour une personne seule, permettant un bénéfice maximal de 1 000 € par semaine, et de 750 € pour un couple, avec un bénéfice maximal de 2 000 € par semaine.
Le ministère de l’Enfance et du Handicap devrait recevoir 500 millions d’euros supplémentaires pour financer de nouvelles places en garde d’enfants, bien que les négociations sur les coûts de la garde d’enfants soient toujours en cours. Les budgets des ministères de la Santé et de l’Éducation ont été approuvés lundi soir, avec une augmentation de 1,5 milliard d’euros pour la santé, axée sur l’amélioration de l’accès aux soins, la sécurité, la qualité, la prévention et l’efficacité. 860 nouveaux professeurs d’éducation spécialisée seront recrutés, et un nouveau programme Deis + sera lancé pour lutter contre les inégalités scolaires.
Enfin, le revenu de base pour les artistes sera pérennisé à partir de septembre prochain, en remplacement du programme pilote actuel. Les frais d’inscription universitaires seront réduits de 500 €, et les incitations fiscales à la recherche et au développement seront renforcées, tout comme le salaire minimum.
