Publié le 12 décembre 2025 à 00:21:00. L’escalade des tensions entre les États-Unis et le Venezuela atteint un nouveau point critique avec la saisie d’un pétrolier au large des côtes vénézuéliennes, illustrant deux décennies de sanctions et de confrontations croissantes.
- Les États-Unis ont saisi un pétrolier au large du Venezuela, accusant Caracas de narcoterrorisme et de diriger le Cartel des Soleils.
- Washington a progressivement renforcé les sanctions économiques contre le Venezuela depuis 2006, culminant avec un embargo pétrolier et des accusations criminelles contre le président Maduro.
- Un déploiement naval américain important dans les Caraïbes a mené à des opérations contre des navires soupçonnés de trafic de drogue, exacerbant les tensions régionales.
Les relations entre Washington et Caracas sont marquées par une profonde animosité depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez en 1999. Les premières sanctions américaines, imposées en 2006, visaient à restreindre la vente d’armes au Venezuela en raison de son manque de coopération dans la lutte contre le terrorisme. La situation s’est envenimée en 2010 avec le retrait mutuel des ambassadeurs.
Après la mort de Chávez en 2013 et l’élection de Nicolás Maduro, l’administration Obama a imposé des sanctions ciblées contre des responsables vénézuéliens, accusés de violations des droits de l’homme en lien avec la répression des manifestations contre Maduro. Ces sanctions comprenaient le gel des avoirs aux États-Unis et l’interdiction de visa.
Sous la présidence de Donald Trump, la pression s’est intensifiée. En 2017, Washington a imposé des sanctions financières à des hauts responsables, y compris des membres de la Cour suprême, pour atteinte à l’autorité du Parlement, contrôlé par l’opposition. Suite à la création d’une Assemblée constituante par Maduro, de nouvelles sanctions financières ont été appliquées. Trump a même évoqué une « possible option militaire » au Venezuela, une menace qui a persisté durant son mandat.
En 2019, après la réélection de Maduro, jugée « illégitime » par Washington et contestée par la communauté internationale, Trump a durci les sanctions économiques dans le but d’asphyxier l’économie vénézuélienne et de forcer le départ du président. Les relations diplomatiques ont été rompues lorsque les États-Unis, suivis par une soixantaine de pays, ont reconnu Juan Guaidó comme « président par intérim ». L’opposition a dissous son gouvernement autoproclamé en 2023.
La même année, les États-Unis ont sanctionné la compagnie pétrolière PDVSA et la banque centrale vénézuélienne. Le 28 avril 2019, un embargo américain sur le pétrole vénézuélien est entré en vigueur, accompagné du gel des avoirs du gouvernement de Caracas aux États-Unis.
Cet embargo a été temporairement allégé en 2023, sous l’administration Biden, dans le cadre de négociations visant à organiser des élections au Venezuela. Cet assouplissement visait également à compenser la diminution des importations de pétrole brut vers les États-Unis suite à l’invasion russe de l’Ukraine.
Cependant, les sanctions pétrolières ont été rétablies après les élections présidentielles de juillet 2024, Washington estimant que Maduro n’avait pas respecté son engagement de garantir des élections équitables. Au début de son second mandat en 2025, Trump a mis fin aux licences accordées à certaines compagnies pétrolières internationales opérant au Venezuela, autorisant uniquement la compagnie américaine Chevron à poursuivre ses activités, mais sans lui permettre de transférer des fonds vers le Venezuela.
Maduro et certains de ses alliés régionaux ont été accusés aux États-Unis de « narcoterrorisme ». Washington a offert une récompense de 15 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation de Maduro, une somme portée à 25 millions de dollars par Biden après son investiture pour un troisième mandat. En août 2025, Trump a doublé cette récompense, la portant à 50 millions de dollars. Washington accuse Maduro de diriger le Cartel des Soleils, inscrit sur sa liste d’organisations terroristes, bien que l’existence de ce groupe n’ait pas été formellement prouvée.
En août, les États-Unis ont déployé une importante flotte de navires de guerre dans les Caraïbes. Depuis début septembre, ce contingent a mené des opérations contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue. Washington accuse Caracas d’être à l’origine d’un trafic de drogue à destination des États-Unis. La Maison Blanche a annoncé le 10 décembre la capture d’un pétrolier au large des côtes vénézuéliennes. Caracas, qui considère ce déploiement militaire comme une tentative de renverser Maduro et de s’emparer des vastes réserves pétrolières du pays, a qualifié la saisie du navire d'”acte de piraterie internationale”.
