Publié le 2024-02-29 10:00:00. La rosacée, affection cutanée fréquente, a tendance à s’aggraver avec l’âge, particulièrement après la quarantaine. Dermatologues et scientifiques expliquent les raisons de cette évolution et les moyens de mieux contrôler les symptômes.
- Les crises de rosacée s’intensifient souvent entre la trentaine et la cinquantaine.
- L’hérédité, les facteurs environnementaux et l’inflammation chronique sont en cause.
- Une combinaison de soins adaptés, d’évitement des déclencheurs et, dans certains cas, de traitements médicaux permet de gérer efficacement la rosacée.
De nombreuses personnes atteintes de rosacée constatent une aggravation de leurs symptômes lorsqu’elles atteignent la quarantaine ou la cinquantaine. Bouffées vasomotrices, lésions cutanées ressemblant à de l’acné et vaisseaux sanguins apparents sont autant de manifestations de cette affection cutée, plus fréquente chez les femmes et les personnes à la peau claire.
Si la rosacée peut se déclarer à tout âge, les premiers symptômes apparaissent souvent après 30 ans. Les scientifiques n’ont pas encore déterminé avec précision les causes de cette maladie, ni pourquoi elle tend à s’aggraver avec l’âge. Cependant, des solutions existent pour « vraiment bien la contrôler », assure la dermatologue Julie C. Harper, basée à Birmingham, en Alabama.
La rosacée est souvent d’origine héréditaire et se manifeste par une réaction excessive du système immunitaire face à divers facteurs environnementaux. Parmi ces déclencheurs figurent l’exposition au soleil, les aliments épicés, l’alcool, les températures extrêmes (froid et chaud), le stress, l’activité physique et les boissons chaudes, explique la dermatologue Marie Léger, de New York.
Outre les symptômes classiques – rougeurs persistantes, vaisseaux sanguins dilatés et papules – la rosacée peut également provoquer une peau sèche, des sensations de tiraillement et de brûlure. Elle peut également affecter les yeux, les rendant irrités ou provoquant des démangeaisons, et même entraîner un épaississement de la peau du nez, précise Dina Elrashidy, dermatologue à Northwestern Medicine à Chicago.
Les symptômes de la rosacée ont tendance à fluctuer au cours de la vie, en fonction de l’exposition aux déclencheurs. Il est possible de connaître des périodes d’accalmie, mais aussi des poussées qui peuvent durer des semaines, des mois, voire indéfiniment si elles ne sont pas traitées, souligne Marie Léger.
Si la rosacée s’est déclarée dans la vingtaine ou avant, elle a tendance à s’aggraver entre la trentaine et la cinquantaine. Une explication possible est que l’exposition répétée aux déclencheurs peut entraîner une inflammation chronique, affaiblissant les tissus autour des vaisseaux sanguins et les amenant à se dilater avec le temps, ce qui se traduit par une augmentation des bouffées vasomotrices et des rougeurs persistantes, explique Julie Harper.
L’inflammation chronique, combinée au vieillissement naturel de la peau et aux dommages causés par le soleil, peut entraîner un amincissement et une perte d’élasticité des fibres de collagène. Cela laisse les vaisseaux sanguins « dilatés en permanence et visibles à la surface de la peau », ajoute Julie Harper. Cela peut également contribuer à l’apparition de rougeurs chroniques.
Avec l’âge, la peau s’amincit et se dessèche, ce qui rend les rougeurs et autres symptômes plus visibles, explique Dina Elrashidy. Marie Léger a également observé que de nombreuses patientes en périménopause et ménopause présentent une aggravation de leurs symptômes. Cependant, Julie Harper souligne que les scientifiques n’ont pas encore établi de lien hormonal clair.
Comment contrôler la rosacée
La gestion de la rosacée nécessite souvent une approche combinée, selon Marie Léger.
Chaque personne réagit différemment. Identifier ses propres déclencheurs et les éviter autant que possible (par exemple, en limitant la consommation d’alcool ou d’aliments épicés) peut aider à réduire la fréquence des crises, conseille Julie Harper. Cependant, certains déclencheurs, comme le froid, sont difficiles à éviter, nuance Marie Léger. Il est également possible de décider que certains facteurs déclencheurs – comme l’exposition au soleil et au vent pour les personnes actives en extérieur – ne justifient pas d’être évités.
Les nettoyants doux et hydratants, contenant par exemple de la glycérine ou de la diméthicone, peuvent aider à apaiser la peau, recommande Julie Harper. Les produits contenant du soufre, qui ont des propriétés anti-inflammatoires, peuvent également contribuer à contrôler les symptômes, selon Dina Elrashidy. Il est important d’éviter les exfoliants et les produits parfumés, qui peuvent irriter la peau, ajoute Marie Léger.
Le soleil est l’un des déclencheurs les plus courants de la rosacée. Il est donc recommandé d’utiliser quotidiennement une crème solaire à large spectre avec un indice de protection solaire (FPS) de 30 ou plus, et de la réappliquer toutes les heures ou toutes les deux heures en cas d’exposition prolongée, conseille Dina Elrashidy. Les crèmes solaires minérales contenant de l’oxyde de zinc ou du dioxyde de titane sont souvent plus douces pour la peau et mieux tolérées que les crèmes solaires chimiques, ajoute Marie Léger.
- Utiliser des médicaments prescrits
Des médicaments tels que le gel de brimonidine et la crème à l’oxymétazoline peuvent resserrer les vaisseaux sanguins sous la peau, réduisant ainsi les rougeurs persistantes. D’autres traitements topiques, comme l’acide azélaïque, la crème au peroxyde de benzoyle encapsulé à 5 %, la crème à l’ivermectine et le métronidazole, peuvent aider à réduire l’inflammation à l’origine des boutons et des papules.
Ces médicaments topiques peuvent être utilisés seuls ou en association avec des antibiotiques oraux à faible dose, explique Marie Léger. Ces antibiotiques peuvent soulager l’inflammation, les rougeurs et autres symptômes. Ils peuvent être pris de manière intermittente lors des poussées ou pendant des périodes plus longues, par exemple sur plusieurs mois, ajoute-t-elle.
- Envisager le traitement au laser
La thérapie au laser utilise différentes longueurs d’onde de lumière pour réduire la taille des vaisseaux sanguins et atténuer les rougeurs. Les patients commencent généralement par une à trois séances, espacées d’environ un mois, en fonction de la gravité de leurs symptômes. Ils peuvent ensuite répéter le traitement tous les six mois ou une fois par an pour l’entretien, explique Marie Léger. Le traitement au laser est souvent recommandé en complément des médicaments topiques sur ordonnance ou des antibiotiques oraux, souligne Dina Elrashidy.
Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour consulter un dermatologue en cas d’aggravation ou de nouveaux symptômes de rosacée, prévient Julie Harper. Les médecins peuvent vous aider à identifier vos déclencheurs et à élaborer un plan de traitement adapté à votre peau. « Avoir une stratégie peut permettre aux patients de se sentir beaucoup plus en contrôle », conclut Marie Léger.
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