Publié le 2025-12-03 22:04:00. Une frappe israélienne sur Gaza, en représailles à une attaque ayant blessé des soldats, menace la fragile trêve en cours, tandis que le sort des derniers otages et l’ouverture du passage de Rafah restent au centre des négociations.
- Israël a mené une frappe aérienne à Khan Younis, dans le sud de Gaza, en réponse à une attaque du Hamas ayant fait cinq blessés dans ses rangs.
- Le Hamas a condamné cette frappe, qui intervient alors que les efforts se concentrent sur la libération des derniers otages et la réouverture du point de passage de Rafah pour permettre l’évacuation des blessés.
- Israël a restitué les restes de ce qui pourrait être l’un des derniers otages, mais les analyses préliminaires n’ont pas permis de les identifier.
La situation reste extrêmement tendue dans la région, alors que la trêve, fragile depuis début octobre, est régulièrement mise à l’épreuve par des accusations mutuelles de violations. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a accusé le Hamas d’avoir rompu le cessez-le-feu en lançant une attaque depuis un tunnel souterrain. L’armée israélienne a confirmé que quatre de ses soldats ont été blessés dans cette attaque, dont un grièvement.
Plus tôt dans la journée, Israël a reçu les restes restitués par des militants palestiniens, mais les premières expertises médico-légales ont révélé qu’ils ne correspondaient ni à Ran Gvili, un policier israélien disparu, ni à Sudthisak Rinthalak, un travailleur agricole thaïlandais. Les deux hommes sont les derniers otages dont on a connaissance à Gaza. La restitution de tous les otages enlevés lors de l’attaque du 7 octobre 2023, qui a déclenché le conflit, est une condition essentielle de la trêve actuelle, en échange de la libération de prisonniers palestiniens.
Parallèlement, des discussions sont en cours pour rouvrir le passage de Rafah, fermé depuis mai 2024, afin de permettre l’évacuation des blessés et l’acheminement de l’aide humanitaire. L’Organisation mondiale de la santé estime que plus de 16 500 personnes ont besoin de soins médicaux urgents en dehors de Gaza. Cependant, l’ouverture du passage est conditionnée à un accord sur la circulation dans les deux sens. L’Égypte insiste sur la nécessité de garantir le retour des Palestiniens à Gaza une fois soignés, tandis qu’Israël refuse d’autoriser le retour tant que les dépouilles des derniers otages n’auront pas été rapatriées.
Selon les termes du plan de cessez-le-feu soutenu par les États-Unis, l’ouverture du passage de Rafah ne serait qu’une première étape vers la création d’une force internationale de stabilisation, la mise en place d’un gouvernement palestinien technocratique et le désarmement du Hamas. Le COGAT, l’organisme militaire israélien chargé de faciliter l’aide à Gaza, a indiqué qu’Israël coordonnerait avec l’Égypte le départ des Palestiniens, sous la supervision d’une mission de l’Union européenne. Toutefois, l’approbation de la sécurité israélienne sera nécessaire pour chaque personne souhaitant quitter Gaza.
Les combats se poursuivent malgré la trêve. Un Palestinien a été tué par des tirs israéliens dans la ville de Gaza, portant à plus de 360 le nombre de Palestiniens tués à Gaza depuis le 11 octobre, selon le ministère de la Santé de Gaza. Ce bilan ne distingue pas les militants des civils, mais le ministère affirme qu’environ la moitié des victimes sont des femmes et des enfants. Israël a également accusé le Hamas de remettre des dépouilles partielles et d’organiser la découverte de corps. Le Hamas, de son côté, accuse Israël d’ouvrir le feu sur des civils et de restreindre l’aide humanitaire.
Depuis le début de la trêve, vingt otages vivants et les dépouilles de 26 autres ont été rapatriés en Israël. En contrepartie, Israël a restitué 15 corps palestiniens pour chaque otage. Le ministère de la Santé de Gaza affirme avoir reçu jusqu’à présent 330 dépouilles, mais n’a pu identifier qu’une fraction d’entre elles en raison du manque de kits de tests ADN. Plus d’informations sur l’identification des corps.
Le bilan total des morts palestiniens dus à la guerre a dépassé les 70 100, selon le ministère de la Santé de Gaza, qui maintient des registres détaillés considérés comme généralement fiables par la communauté internationale.
Parmi les otages enlevés, 31 étaient des travailleurs thaïlandais, dont la plupart ont été libérés. Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a également fait état de 46 citoyens thaïlandais tués pendant le conflit. Détails sur la situation des travailleurs thaïlandais.
