Publié le 16 mai 2024. L’Allemagne enregistre une chute alarmante de son taux de natalité, un phénomène qui inquiète face aux perspectives démographiques du pays et aux défis socio-économiques qu’il implique.
L’Allemagne, souvent perçue comme un pays offrant une qualité de vie élevée, est confrontée à une baisse significative de sa fécondité. Un constat qui résonne avec les difficultés rencontrées par d’autres nations développées, comme le Japon, la Corée du Sud et Taïwan.
Selon les statistiques de l’Office fédéral allemand de la statistique, le taux de fécondité a atteint un niveau historiquement bas en 2024, avec seulement 1,35 enfant par femme. Ce chiffre, bien inférieur au seuil de 2,1 enfants nécessaire au maintien de la population, suscite des préoccupations quant à l’évolution de la structure démographique du pays. En 2024, ce sont 677 117 naissances qui ont été recensées, soit une diminution de 15 000 par rapport à l’année précédente.
Cette tendance à la baisse n’est pas nouvelle. Un rapport des Nations Unies, les Perspectives démographiques mondiales 2024, classe l’Allemagne parmi les pays où la fécondité est durablement déprimée, une situation qui s’est installée dès 1994.
Une enquête menée par un média allemand en 2011 révélait déjà que près de 80 % des personnes interrogées estimaient que la vie était devenue « extrêmement difficile et compliquée », même sans enfants. Plus de 80 % craignaient également de perdre leur emploi en raison de responsabilités parentales.
Parallèlement à la baisse du nombre de naissances, l’âge moyen des parents à la naissance continue d’augmenter. En 2024, les mères ont en moyenne 31,8 ans et les pères 34,7 ans, soit une différence d’âge moyenne de 2,9 ans. Depuis 1991, l’âge moyen des parents a augmenté de près de quatre ans.
Plusieurs facteurs sont pointés du doigt pour expliquer cette situation. Deutsche Welle souligne une montée en puissance des voix conservatrices qui encouragent les femmes à avoir plus d’enfants, parfois au détriment de leur liberté de choix. La comédienne Julia Brandner a récemment été critiquée pour avoir exprimé son refus de devenir mère.
La sociologue Michaela Kreyenfeld rappelle que des événements tels que la pandémie de Covid-19, le changement climatique et l’inflation pèsent également sur le désir des Allemands de fonder une famille. Comme dans d’autres pays, l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, ainsi que les difficultés liées à la garde d’enfants, constituent des obstacles majeurs.
Martin Bujard, directeur adjoint de l’Institut fédéral de recherche sur la population, explique que si l’Allemagne proposait autrefois des aides financières importantes pour la garde d’enfants, la hausse générale des prix a rendu la vie plus difficile, ce qui a mécaniquement entraîné une baisse de la fécondité. Il insiste sur la nécessité de trouver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
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