Publié le 12 janvier 2026 à 01h15. L’influence de Donald Trump s’étend au-delà des frontières américaines, suscitant des inquiétudes quant à son potentiel impact sur les élections en Amérique latine, notamment au Pérou et en Colombie, où Washington pourrait chercher à favoriser certains candidats.
- L’intervention américaine au Venezuela, avec la grâce accordée à l’ancien président Juan Orlando Hernández, pourrait servir de précédent pour une implication plus directe dans les processus électoraux régionaux.
- Au Pérou, la possibilité d’un second tour entre un candidat de droite et un représentant de la gauche, Alfonso López Chau, suscite des interrogations sur l’influence de Trump et la polarisation politique.
- En Colombie, l’accord entre Gustavo Petro et Donald Trump pour lutter contre l’ELN (Armée de libération nationale) témoigne d’une volonté de coopération pragmatique, mais soulève des questions sur les motivations sous-jacentes.
L’Amérique latine observe avec attention les agissements de l’ancien président américain Donald Trump, dont l’influence pourrait s’étendre aux élections de la région. L’exemple du Venezuela, où la grâce accordée à Juan Orlando Hernández, ancien président hondurien reconnu coupable de trafic de drogue, a été perçue comme une ingérence flagrante de Washington, préoccupe les observateurs. Cette décision, selon certains, visait à effacer la réputation entachée de la droite hondurienne et à favoriser le candidat conservateur Nasry ‘Tito’ Asfura lors de l’élection présidentielle du 30 novembre dernier.
Si l’impact direct de cette manœuvre interventionniste reste difficile à quantifier, elle établit un précédent inquiétant quant au rôle que Trump pourrait jouer dans le destin des petites républiques latino-américaines. Au Pérou, la perspective d’un second tour entre un candidat de droite et Alfonso López Chau, de Ahora Nación, alimente les spéculations. Les sondages actuels indiquent une faiblesse de la gauche, mais López Chau se présente comme un candidat potentiel, capable de rassembler un électorat dispersé.
Certains analystes anticipent un scénario similaire à celui du Chili, où le candidat de droite aurait l’avantage d’une large coalition. Cependant, Washington pourrait chercher à influencer le résultat en favorisant un candidat plus aligné sur ses intérêts. La prudence est de mise, car un candidat de gauche avisé pourrait tenter de rassurer Washington en évitant une confrontation directe. Pourtant, un tel rapprochement pourrait être perçu comme une trahison par l’opposition de droite, qui le dépeindrait comme un communiste cherchant à instaurer le « socialisme du XXIe siècle » au Pérou.
López Chau a d’ores et déjà pris des précautions, condamnant l’intervention militaire au Venezuela tout en réaffirmant sa position critique envers le régime de Nicolás Maduro. L’accord récent entre Gustavo Petro et Donald Trump pour lutter contre l’ELN en Colombie illustre une coopération pragmatique, mais soulève des questions sur les motivations de chaque partie.
Le facteur Trump pourrait également introduire une polarisation au sein même de la droite péruvienne, si deux candidats de ce courant accèdent au second tour. Le plus conservateur d’entre eux pourrait chercher à discréditer son adversaire en l’accusant d’être trop modéré ou trop proche de la gauche. L’exemple de María Corina Machado au Venezuela, qui a cherché à obtenir le soutien de Trump sans succès, montre les limites de cette stratégie.
Parallèlement, des initiatives locales, comme la motion déclarant le Cartel des Soleils organisation terroriste, révèlent des divergences entre les perceptions locales et les analyses du Département de la Justice américain (DOJ), qui ne reconnaît pas l’existence de ce cartel. Cette divergence souligne la complexité des enjeux et la nécessité d’une approche nuancée.
L’influence de Trump ne se limitera pas aux élections péruviennes. Les élections colombiennes du 31 mai seront également scrutées de près. Tout candidat représentant une continuité avec le gouvernement Petro sera considéré comme un adversaire potentiel par Washington. L’appel téléphonique entre Petro et Trump, qualifié par ce dernier de « honneur », témoigne d’une volonté de dialogue, mais ne dissipe pas les inquiétudes quant à l’ingérence américaine.
Au Pérou, des candidats comme Rafael López Aliaga, qui a publiquement fait l’éloge de Trump, et Carlos Espá, ancien employé de l’ambassade américaine à Lima, pourraient être perçus comme plus favorables à Washington. Cependant, la capacité de ces candidats à maintenir l’alignement et l’ordre dans les relations bilatérales sera déterminante. Keiko Fujimori, dont le père a entretenu de bonnes relations avec les États-Unis, pourrait également être favorisée par Trump, malgré ses tentatives de rapprochement avec des cercles anti-Trumpistes par le passé.
En fin de compte, l’ingérence de Trump dans les processus électoraux latino-américains pourrait être relativisée par ses propres excès et par la résistance des gouvernements locaux. Cependant, la vigilance reste de mise, car l’influence de l’ancien président américain pourrait s’avérer plus importante que prévu.
