Publié le 6 novembre 2025 à 11h23. Les calculs rénaux, une affection douloureuse touchant une part significative de la population, notamment entre 20 et 50 ans, sont liés à une combinaison de facteurs génétiques et de modes de vie. Des experts italiens ont récemment examiné les causes, les symptômes et les traitements de cette condition.
- Entre 6,8 % et 10,1 % de la population italienne est touchée par des calculs rénaux, avec une incidence accrue pendant l’été.
- La douleur causée par un calcul rénal en mouvement peut être comparable à celle de l’accouchement.
- L’hydratation adéquate et un régime alimentaire équilibré sont essentiels pour prévenir la formation de calculs.
La colique néphrétique, provoquée par des calculs rénaux, est reconnue comme l’une des douleurs les plus intenses qui soient. Lors d’une discussion animée dans le cadre de l’émission « Il Tempo della Salute », Elena Dogliotti, biologiste nutritionniste et superviseur scientifique de la Fondation Veronesi, et Emmanuel Montanari, directeur de l’unité opérationnelle complexe d’urologie de la Fondation IRCCS Policlinico de Milan et professeur titulaire d’urologie à l’Université de Milan, ont abordé les aspects clés de cette affection, sous la direction de Silvia Turin. Des données récentes de la Société italienne de néphrologie confirment une prévalence des calculs rénaux se situant entre 6,8 % et 10,1 % au sein de la population italienne, avec une augmentation notable des cas pendant la saison estivale.
Selon le professeur Montanari, la douleur est particulièrement vive lorsque le calcul se détache du rein :
« Quand un calcul est à l’intérieur du rein, il ne provoque pas de douleur, alors que lorsqu’il s’en détache, la souffrance peut être très forte, voire supérieure à celle de l’accouchement. »
Emmanuel Montanari, directeur de l’unité opérationnelle complexe d’urologie de la Fondation IRCCS Policlinico de Milan
Les patients souffrant de colique néphrétique présentent souvent des symptômes tels que des nausées, des vomissements et des troubles intestinaux, et semblent « possédés », incapables de trouver une position confortable.
La formation de calculs est influencée par une combinaison de prédisposition génétique et de facteurs liés au mode de vie. L’incidence est plus élevée chez les hommes, mais tend à s’équilibrer avec les femmes après la ménopause. Il est important de souligner que la calculose n’est pas une maladie en soi, mais plutôt un symptôme, souvent associé au syndrome métabolique. Une investigation approfondie de cet aspect est donc cruciale chez les patients concernés.
De quoi sont faits les calculs ?
Les calculs rénaux sont rarement constitués d’un seul élément. L’expert précise :
« Ils sont toujours mixtes : ils peuvent être constitués d’oxalate, phosphate de calcium, acide urique, cystine. Ils sont souvent constitués d’un noyau sur lequel reposent d’autres composants. Il est utile, lorsque cela est possible, de faire une analyse du calcul, qui peut apporter beaucoup d’informations. »
Emmanuel Montanari, directeur de l’unité opérationnelle complexe d’urologie de la Fondation IRCCS Policlinico de Milan
La taille des calculs varie considérablement : certains peuvent atteindre 10 centimètres de diamètre sans provoquer de symptômes, tandis que les plus petits, en se détachant et en pénétrant dans l’uretère, sont responsables des douleurs intenses.
Diagnostic et interventions
En cas de colique néphrétique, il est recommandé de limiter l’apport hydrique pour éviter de favoriser le déplacement du calcul et d’utiliser des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour réduire la production d’urine. Le diagnostic repose sur la localisation et la taille du calcul. Bien que le scanner soit l’examen le plus précis, l’échographie peut être utilisée en première intention. Il est essentiel d’effectuer un diagnostic différentiel pour exclure d’autres pathologies, telles que des problèmes gynécologiques ou une dissection de l’aorte. La combinaison d’une obstruction et d’une infection représente la situation la plus risquée, pouvant entraîner une septicémie dans les cas les plus graves.
Dans 95 % des cas, les calculs de moins de 7 millimètres de diamètre peuvent être expulsés spontanément, un processus qui peut être facilité par des médicaments relaxant les muscles lisses et élargissant l’uretère. Une intervention est envisagée si les troubles persistent plus de deux à trois semaines ou en cas d’inflammation/infection importante. Les calculs rénaux peuvent altérer la fonction rénale et conduire à une insuffisance rénale. Le scanner permet de déterminer la position, la taille et la densité du calcul, ce qui oriente le choix du traitement : lithotripsie extracorporelle par ondes de choc (fragmentation du calcul par l’extérieur), endoscopie (fragmentation du calcul par l’intérieur) ou chirurgie endoscopique percutanée (accès à la cavité rénale par une incision minimale).
Facteurs de risque et prévention
Les personnes ayant déjà subi un épisode de calculs rénaux présentent un risque accru de récidive, en particulier celles en surpoids ou obèses, atteintes du syndrome métabolique, d’hyperglycémie ou d’hypercalcémie. L’âge d’apparition précoce est également un facteur de risque. Dans certains cas, les calculs sont liés à une infection bactérienne, notamment par le germe Proteus, qui favorise la formation de calculs difficiles à éliminer, en particulier chez les femmes.
La prévention repose sur une hydratation abondante et régulière, avec une consommation quotidienne d’environ 2 à 2,5 litres d’eau. Elena Dogliotti souligne :
« Vous devez boire beaucoup d’eau, chaque jour, constamment. Il n’y a pas d’eau meilleure que les autres, chacun peut choisir celle qu’il préfère. »
Elena Dogliotti, biologiste nutritionniste et superviseur scientifique de la Fondation Veronesi
Une alimentation riche en végétaux est également recommandée. Contrairement aux idées reçues, la restriction de calcium n’empêche pas la formation de calculs. Les personnes ayant déjà souffert de calculs devraient limiter leur consommation de sel (maximum 5 grammes par jour) et modérer leur apport en aliments riches en oxalates, comme le chocolat. Il est conseillé de consulter un médecin pour obtenir des recommandations personnalisées, notamment concernant l’éventuelle utilisation de compléments alimentaires.



