Publié le 6 octobre 2025 à 05h30. Plusieurs hauts responsables impliqués dans le mégaprojet touristique Diriyah, en Arabie saoudite, ont été interpellés dans le cadre d’une enquête pour corruption, révélant les défis liés à la mise en œuvre de ces ambitieux projets de diversification économique.
- Au moins deux dirigeants de Diriyah ont été placés en détention provisoire.
- L’enquête intervient alors que le projet, estimé à 63 milliards de dollars américains, est au cœur de la stratégie de diversification économique du royaume.
- Cette affaire s’inscrit dans une campagne plus large de lutte contre la corruption en Arabie saoudite.
L’enquête, menée par l’organisme saoudien de lutte contre la corruption, vise actuellement plusieurs hauts responsables du projet Diriyah, un ambitieux programme visant à transformer la ville historique de Daria en une destination touristique de renommée mondiale. Selon des sources citées par Semafor, au moins deux dirigeants ont été interpellés ces dernières semaines, bien que les détails précis de l’affaire restent confidentiels. Cette intervention souligne les risques potentiels de mauvaise gestion et de corruption inhérents à des projets de construction d’une telle envergure.
Diriyah, financé par le Fonds souverain du Royaume (avec des actifs d’environ 1 000 milliards de dollars américains), est l’un des cinq « gigaprojets » phares du plan de diversification économique de l’Arabie saoudite, baptisé Vision 2030. Ce plan vise à réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers et à développer de nouveaux secteurs économiques, notamment le tourisme et les loisirs. Diriyah, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est censée devenir une destination touristique de premier plan, malgré les difficultés rencontrées par d’autres projets comme NEOM, dont la progression a été freinée par la baisse des prix du pétrole.

Source: Ambassade
Située à proximité de la capitale Riyad, la région de Diriyah est chargée d’histoire, ayant vu la fondation du premier État saoudien en 1727. Le complexe touristique, déjà partiellement opérationnel, propose des musées, des galeries d’art et la terrasse Bujair, un ensemble de restaurants aménagés dans un style architectural traditionnel. À terme, le projet prévoit la construction de 38 nouveaux hôtels de luxe (Ritz-Carlton, Park Hyatt, Raffles, entre autres), six musées supplémentaires, 26 sites culturels, plus de 400 boutiques de luxe et plus de 100 marchés.
L’objectif affiché est d’attirer 50 millions de visiteurs par an d’ici 2030 et d’accueillir plus de 100 000 nouveaux résidents, créant ainsi 178 000 emplois pendant la phase de construction. Les retombées économiques attendues s’élèvent à 18,6 milliards de dollars américains par an, ce qui en ferait l’un des projets culturels et historiques les plus ambitieux jamais entrepris.

Source: Ambassade
Les arrestations liées à Diriyah ont eu lieu au cours des dernières semaines, et au moins l’un des dirigeants interpellés a depuis été libéré. Il n’est cependant pas encore clair si des accusations formelles ont été déposées. L’enquête est toujours en cours, selon Semafor.
Ce n’est pas la première affaire de corruption à éclater en Arabie saoudite. En janvier 2024, Amr Al-Madani, ancien PDG de la Commission royale d’AlUla – un autre projet touristique situé dans le nord-ouest du pays – avait été arrêté et accusé d’abus de pouvoir et de blanchiment d’argent. Depuis 2017, le royaume a lancé une vaste campagne de lutte contre la corruption, marquée par la détention de princes, de ministres et de magnats des affaires à l’hôtel Ritz-Carlton de Riyad, permettant la récupération d’actifs dépassant les 100 milliards de dollars américains. Cette lutte se poursuit, avec plus de 100 dépositions signalées chaque mois dans divers organismes gouvernementaux, notamment les ministères de la Défense, de l’Intérieur et de l’Éducation.

Source: Ambassade
La lutte contre la corruption prend une importance accrue pour l’Arabie saoudite dans un contexte de prix du pétrole en baisse, qui a entraîné un déficit budgétaire pour une grande partie de la dernière décennie. Le royaume investit massivement dans son plan de transformation économique, avec des contrats d’une valeur d’environ 150 milliards de dollars américains prévus pour 2024.
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