Publié le 2024-05-08 10:00:00. La Suisse s’appuie sur un réseau discret mais essentiel de 225 consuls honoraires à travers le monde pour protéger ses ressortissants et promouvoir ses intérêts. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) est actuellement à la recherche d’un représentant bénévole pour l’archipel du Vanuatu.
- La Suisse compte 225 consuls honoraires dans plus de 100 pays.
- Le DFAE recherche un consul honoraire pour le Vanuatu, un pays où résident seulement 18 citoyens suisses.
- Ces diplomates amateurs exercent leurs fonctions à titre bénévole et jouent un rôle crucial dans l’assistance consulaire et la promotion des intérêts suisses.
Entre l’Australie et les Fidji, l’archipel du Vanuatu, composé de 80 îles et comptant un peu plus de 300 000 habitants, abrite une petite communauté de 18 citoyens suisses. La représentation helvétique la plus proche se situe à plus de 2 500 kilomètres de la capitale, Port-Vila. Bientôt, les Suisses en difficulté dans cet État insulaire du Pacifique Sud pourront compter sur l’aide d’un consul honoraire.
Le DFAE est actuellement à la recherche d’une personne capable de représenter la Suisse au Vanuatu, d’entretenir des contacts locaux et d’apporter son soutien en cas de crise. Ce mandat, exercé à titre bénévole, requiert du tact et un sens aigu de la diplomatie.
Le profil recherché est précis : le candidat ou la candidate doit entretenir des liens étroits avec la Suisse, résider à Port-Vila ou dans ses environs, et disposer d’un réseau de contacts solide au Vanuatu. Il ou elle ne doit pas avoir atteint l’âge de la retraite (65 ans) et doit pouvoir fournir les infrastructures nécessaires à l’accomplissement des tâches officielles liées à la fonction.
« Les consules et consuls honoraires doivent jouir d’une bonne réputation, disposer d’un réseau solide et des ressources nécessaires pour exercer leur fonction à titre bénévole »,
DFAE
Aucun conflit d’intérêts ne doit exister, notamment pour les employés de l’État vanuatais. Cette recherche illustre une tendance plus large : le nombre de consulats honoraires suisses est en constante augmentation. Le consulat honoraire du Vanuatu a d’ailleurs été inauguré cette année, selon le DFAE.
Que ce soit dans le Pacifique Sud, en Afrique de l’Ouest ou dans une petite ville européenne, les consuls honoraires représentent la Suisse bénévolement, souvent en solitaire, mais avec un impact significatif. Cette augmentation du nombre de postes, d’une vingtaine en dix ans, s’explique par plusieurs facteurs.
Le DFAE souligne une hausse du nombre de Suisses voyageant dans ces régions, entraînant une augmentation des demandes d’assistance consulaire. Parallèlement, les intérêts économiques de la Suisse s’intensifient dans plusieurs régions du monde. Enfin, les consuls et consuls honoraires assurent une présence suisse là où il n’existe pas de représentation officielle.
La décision d’ouvrir un consulat honoraire est prise en fonction des besoins et à la demande des ambassades et consulats généraux suisses. Ces derniers informent le Conseil fédéral des lieux où un soutien diplomatique supplémentaire serait utile. C’est ensuite au conseiller fédéral chargé des Affaires étrangères de trancher, après une procédure interne de consultation.
« Ils favorisent les relations entre la Suisse et le pays hôte et contribuent à renforcer la présence suisse sur place »,
DFAE
Le système des consulats honoraires suisses, qui remonte à 1798 avec la nomination de Marc-Antoine Pellis à Bordeaux, premier consul honoraire de l’histoire des relations extérieures suisses, demeure un pilier de la défense des intérêts de la Confédération à l’étranger. Un mandat dure quatre ans et peut être renouvelé jusqu’à l’âge de 70 ans, à condition que les critères soient toujours remplis.
En cas de crise, comme l’arrestation d’une citoyenne suisse à Bali, le consul honoraire local est souvent le premier point de contact. Les consuls honoraires assurent des prestations consulaires de base, telles que des visites en prison ou d’autres formes d’assistance. Ils ne peuvent cependant pas délivrer de passeports ni de visas, faute d’infrastructure et d’autorisations.
Leur rôle dépasse largement l’urgence. Grâce à leur réseau local et à leur connaissance des réalités économiques, culturelles et politiques, ils contribuent à défendre les intérêts suisses et à renforcer la présence de la Suisse à l’étranger.
Les consuls honoraires travaillent gratuitement pour la Suisse, mais perçoivent une indemnité annuelle de 6 500 francs suisses. Cette formule représente une alternative économique aux consulats professionnels. Ils ne disposent pas de passeport diplomatique et bénéficient d’une immunité limitée, strictement liée à leurs fonctions consulaires.
La nationalité suisse n’est pas obligatoire pour occuper ce poste. Toutefois, pour effectuer des voyages officiels, les consuls honoraires peuvent demander un passeport de service, réservé aux citoyens suisses.
Mélanie Eichenberger, SWI/dk
