Publié le 9 octobre 2024 à 04:43:00. New York attaque les géants des réseaux sociaux Meta, Snap, TikTok et YouTube, les accusant de contribuer à une crise de santé mentale chez les jeunes en concevant des plateformes intentionnellement addictives.
- La ville de New York, son système scolaire et son service de santé publique ont conjointement déposé une plainte contre les entreprises de médias sociaux.
- La plainte allègue que ces plateformes ont délibérément créé une dépendance chez les enfants et n’ont pas mis en place de mesures de sécurité suffisantes.
- L’affaire souligne également l’impact des réseaux sociaux sur des comportements dangereux, comme le “surf dans le métro”, et le stress subi par le personnel scolaire.
La ville de New York a franchi le pas en lançant une action en justice contre quatre géants des réseaux sociaux : Meta (Facebook et Instagram), Snap (Snapchat), TikTok et YouTube. Cette initiative, menée conjointement avec le district scolaire de la ville et NYC Health + Hospitals, le plus vaste hôpital public de la municipalité, vise à responsabiliser ces entreprises pour leur rôle présumé dans la détérioration de la santé mentale des jeunes.
Selon l’acte d’accusation, les sociétés de médias sociaux ont intentionnellement conçu leurs plateformes pour captiver l’attention des enfants et les rendre dépendants. Elles sont également accusées de ne pas avoir suffisamment protégé les jeunes utilisateurs des contenus potentiellement nocifs et des risques associés à l’utilisation excessive de ces applications. La plainte affirme que ces actions ont engendré une “crise de santé mentale des jeunes” à New York, entraînant des coûts importants pour la ville, le système scolaire et les hôpitaux.
Les ressources financières, humaines et temporelles de ces institutions ont été considérablement sollicitées pour faire face aux conséquences de cette crise. L’action en justice met également en lumière un phénomène inquiétant : la multiplication des vidéos virales incitant les adolescents à pratiquer le “surf dans le métro”. Plus de 100 arrestations ont été effectuées et plusieurs jeunes ont perdu la vie en tentant cette cascade dangereuse, motivés par la recherche de “j’aime” et de reconnaissance sur les réseaux sociaux. Les enquêtes de la police de New York (NYPD) ont confirmé que les vidéos diffusées sur les plateformes sociales étaient la principale source d’inspiration pour ces comportements à risque.
Le procès souligne également l’impact sur le personnel scolaire, qui est confronté à un stress accru et à un épuisement professionnel en raison de la gestion des élèves en crise, souvent liés à des problèmes rencontrés sur les réseaux sociaux.
Contactés, Meta, Snap et TikTok n’ont pas immédiatement réagi à cette plainte. Google, la société mère de YouTube, a cependant publié un communiqué contestant les accusations. José Castañeda, porte-parole de Google, a déclaré :
« Ces allégations sont tout simplement fausses et témoignent d’une incompréhension fondamentale de ce qu’est YouTube. »
José Castañeda, porte-parole de Google
Il a précisé que YouTube est avant tout une plateforme de diffusion en continu, utilisée principalement sur les téléviseurs, et non un réseau social traditionnel. Il a également souligné le développement d’outils dédiés à la sécurité des enfants, tels que des expériences supervisées, conçus en collaboration avec des experts.
