Publié le 2024-12-29 18:35:00. Gisele Pelicot, victime d’agressions sexuelles orchestrées par son ex-mari, se retrouve au cœur d’un nouveau procès en appel, relancé par la contestation d’un des condamnés. Cette affaire, qui a suscité une vive émotion et fait de la victime une figure féministe, rouvre les blessures d’une décennie d’abus.
- Un appel d’un des 51 condamnés, Husamettin D., conduit à un nouveau procès à Nîmes.
- Gisele Pelicot, 72 ans, a renoncé à l’anonymat et est devenue un symbole de la lutte contre les violences sexuelles.
- L’ex-mari de la victime, Dominique Pelicot, sera entendu comme témoin, bien qu’il n’ait pas fait appel de sa condamnation à 20 ans de prison.
Le procès en appel de Gisele Pelicot débutera lundi à Nîmes et devrait durer jusqu’à quatre jours. Cette nouvelle étape judiciaire est née de l’appel interjeté par Husamettin D., l’un des 51 hommes reconnus coupables d’avoir participé à des agressions sexuelles sur la victime, entre 2014 et 2024. Husamettin D. conteste sa culpabilité et la sévérité de sa peine, fixée à neuf ans d’emprisonnement, dont l’exécution a été différée pour des raisons de santé.
L’affaire a pris une ampleur nationale et internationale lors du procès initial à Avignon, qui s’est achevé en décembre 2024. Gisele Pelicot, en brisant le silence et en témoignant avec une dignité remarquable, est devenue une figure emblématique de la lutte contre les violences faites aux femmes. Elle a choisi de lever l’anonymat, assumant pleinement son rôle de porte-parole pour les victimes.
Selon son avocat, Antoine Camus, Gisele Pelicot aurait préféré ne pas revivre cette épreuve.
« Elle aurait été heureuse de renoncer à cette épreuve. »
Antoine Camus, avocat de Gisele Pelicot
Cependant, elle participe à ce nouveau procès pour réaffirmer un principe fondamental :
« Elle participe pour préciser que le viol est le viol, qu’il n’y a pas de petit viol. »
Antoine Camus, avocat de Gisele Pelicot
Les faits sont glaçants : pendant une décennie, Gisele Pelicot a été droguée par son ex-mari, Dominique Pelicot, afin d’être soumise à des agressions sexuelles répétées par des hommes qu’il invitait à leur domicile à Mazan, dans le sud de la France. Les agresseurs, recrutés en ligne, pensaient participer à des jeux sexuels consentis avec un couple libertin, une version des faits rejetée par le tribunal.
Contrairement au procès initial, où Gisele Pelicot était confrontée à l’ensemble des 51 accusés, elle ne sera cette fois face qu’à Husamettin D. Son fils, Florian, sera présent pour lui apporter son soutien.
Husamettin D. avait affirmé lors du premier procès être tombé dans un piège.
« Je ne suis pas un violeur. C’est trop pour moi de supporter. C’est son mari. Je n’ai jamais pensé que ce type pouvait faire ça à sa femme. »
Husamettin D., condamné pour viol
Il a raconté avoir rencontré un homme se présentant comme membre d’un “couple libertin” dont la femme “faisait semblant de dormir” et avoir abusé de ce qu’il croyait être un corps consentant pendant au moins une demi-heure, avant de réaliser que quelque chose n’allait pas en entendant la victime ronfler.
Si la plupart des 51 hommes ont vu leur appel rejeté, Dominique Pelicot, condamné à 20 ans de prison, n’a pas contesté sa peine. Il sera néanmoins entendu comme témoin lors du procès d’appel, extrait de sa prison où il est maintenu à l’isolement. Son avocat, Beatrice Zavarro, a déclaré qu’il ne reviendrait pas sur ses déclarations initiales, notamment sa confession :
« Je suis un violeur et tous les hommes de cette salle sont des violeurs. »
Dominique Pelicot, lors du procès à Avignon
Les peines prononcées lors du premier procès allaient de trois ans de prison (dont deux suspendus) à 15 ans pour l’un des agresseurs, qui avait violé Gisele Pelicot à six reprises.
