Publié le 6 octobre 2025 à 15h29. Des négociations indirectes entre Israël et le Hamas doivent débuter ce lundi en Égypte, sous l’impulsion de l’administration américaine, dans l’espoir de mettre fin à près de deux ans de conflit à Gaza et d’obtenir la libération d’otages.
- Israël et le Hamas se sont déclarés ouverts à la proposition de l’administration américaine visant une cessation des hostilités et un échange d’otages contre des prisonniers palestiniens.
- Les discussions se concentreront sur des points clés tels que le désarmement du Hamas, son rôle dans la gouvernance de Gaza et le retrait des forces israéliennes du territoire.
- L’administration américaine a envoyé des émissaires en Égypte pour faciliter les pourparlers et accélérer le processus.
Les négociations indirectes, qui se tiendront au spa de Sharm el-Sheikh, interviennent à l’approche du deuxième anniversaire du conflit, déclenché par l’attaque sans précédent du Hamas sur le territoire israélien le 7 octobre 2023. Jalil Al Hayya, le négociateur en chef du Hamas, devrait rencontrer les médiateurs égyptiens et qataris au Caire avant de rejoindre les discussions à Sharm el-Sheikh.
Selon un responsable du Hamas, l’objectif immédiat est de parvenir à un accord sur une trêve temporaire et de définir les modalités d’une première phase de l’accord, qui prévoit la libération de 47 otages détenus à Gaza en échange de centaines de prisonniers palestiniens.
Mirjana Spoljaric, présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a indiqué que ses équipes étaient prêtes à faciliter le rapatriement des otages et des prisonniers auprès de leurs familles. Le CICR a déjà joué un rôle crucial dans les échanges précédents.
L’ancien président américain Donald Trump a déclaré avoir eu des conversations “positives” avec les parties prenantes, y compris des pays arabes et musulmans, et a exhorté à une accélération des négociations.
« On m’a dit que la première phase devrait être terminée cette semaine, et je demande à tout le monde de se déplacer rapidement. »
Donald Trump, président américain
Le président égyptien Abdel Fattah Al Sisi a salué le plan de Trump, le qualifiant de “voie à suivre pour une paix et une stabilité durables”. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé que la délégation de son gouvernement se rendrait en Égypte lundi, exprimant l’espoir d’une libération imminente des otages.
La Maison Blanche a confirmé l’envoi de Jared Kushner, gendre de Trump, et de Steve Witkoff, son émissaire pour le Moyen-Orient, en Égypte pour soutenir les négociations.
Malgré les appels au cessez-le-feu, des explosions ont été signalées à Gaza lundi, avec des colonnes de fumée visibles à l’horizon. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a souligné que la libération des otages ne pouvait se faire dans un contexte de bombardements.
« Les otages ne peuvent pas être libérés au milieu des attaques. »
Marco Rubio, secrétaire d’État américain
Une source palestinienne proche du Hamas a précisé que le mouvement ne suspendrait ses opérations militaires qu’en cas de cessation des bombardements israéliens et de retrait des troupes de Gaza City. Des habitants de Gaza ont rapporté une légère diminution des frappes aériennes et un repositionnement de certains véhicules militaires, mais ont exprimé des doutes quant à la sincérité de ces mouvements.
Au moins vingt personnes ont perdu la vie dimanche, dont treize à Gaza City, selon les chiffres de la défense civile palestinienne. Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a averti ses troupes à Gaza que les combats reprendraient en cas d’échec des négociations.
L’attaque du Hamas du 7 octobre avait entraîné l’enlèvement de 251 personnes, dont 47 restent captifs à Gaza. L’armée israélienne a déclaré que 25 d’entre elles étaient décédées. Selon le plan de Trump, Israël libérerait en échange 250 prisonniers palestiniens condamnés à la prison à vie et plus de 1 700 détenus de la bande de Gaza capturés pendant le conflit.
Le Hamas insiste sur son rôle dans la gestion future de Gaza, ce que le plan de Trump exclut explicitement. La proposition prévoit une administration du territoire par une agence de technocrates, supervisée par une autorité de transition dirigée par Donald Trump lui-même.
L’attaque du 7 octobre avait causé la mort de 1 219 personnes en Israël, principalement des civils. L’offensive israélienne en représailles a fait au moins 67 160 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, considérés comme fiables par l’ONU.

