Publié le 17 décembre 2025 à 16h37. Les récentes déclarations de la chanteuse espagnole Rosalía sur le féminisme ont déclenché une vive polémique en Espagne et en Amérique latine, ravivant le débat sur la définition et l’engagement féministe.
- Rosalía a exprimé son inspiration par les idées féministes, tout en se disant hésitante à s’identifier pleinement à un « isme ».
- Ses propos ont suscité des réactions contrastées au sein des cercles féministes hispanophones, certains lui reprochant un manque d’engagement concret.
- La discussion s’est propagée sur les réseaux sociaux, où les internautes débattent de la nature même du féminisme et des exigences qu’il impose.
Lors d’une interview accordée à Radio 3 supplémentaire, un média hispanique spécialisé, Rosalía a évoqué les influences qui ont façonné son dernier album, acclamé par la critique, intitulé « Lux ». La journaliste Leyre Guerrero lui a posé la question suivante :
« La revendication de la figure de la femme, au sein des religions, notamment dans le christianisme et le catholicisme, qui ont un rôle moins prédominant par rapport aux hommes. J’ai l’impression qu’il y a une revendication de femmes fortes, qui ont contesté. D’un certain féminisme, même si on ne peut pas l’appeler ainsi parce que ce n’est pas un concept créé comme tel. Le voyez-vous ainsi ? »
Leyre Guerrero, journaliste
La chanteuse catalane a répondu :
« Je m’entoure d’idées féministes. Je ne me considère pas assez parfaite moralement pour me considérer dans un ‘isme’, mais je suis inspirée et je m’entoure d’idées féministes. »
Rosalía, chanteuse
Elle a également cité des figures féminines qui l’inspirent, telles que Sainte Thérèse, Sainte Claire d’Assise et Björk.
Ces déclarations n’ont pas manqué de faire réagir. Dans les milieux féministes hispanophones, les critiques se sont multipliées, tant dans les médias traditionnels, comme le souligne El País, que sur les réseaux sociaux. Un article publié par Animal político, un média numérique mexicain influent, met en avant l’idée que
« Les féministes ne sont pas parfaites. C’est là que réside le problème : le féminisme n’est ni un code moral ni un objectif de pureté personnelle, mais un mouvement politique qui remet en question les structures de pouvoir, les inégalités historiques et la violence systématique. Cela n’exige pas la perfection, mais plutôt la conscience, la posture et l’action. »
Sur le réseau social X, la polémique a pris de l’ampleur. Des internautes ont exprimé leur déception, estimant que Rosalía adoptait une position ambiguë :
« Cette fille tombe amoureuse de moi, elle ne se mouille absolument pas avec rien, toujours avec des demi-mesures pour ne pas perdre de public. »
D’autres ont pointé du doigt une possible instrumentalisation du féminisme à des fins commerciales :
« Il s’inscrit dans un isme que je sais qu’il aime. Le capitalisme. »
Cependant, d’autres voix se sont élevées pour défendre Rosalía, rappelant que l’engagement féministe peut prendre de nombreuses formes. L’internaute @bitchrantvale a ainsi souligné :
« Pour être féministe, il n’est pas nécessaire d’avoir un doctorat en féminisme, mon amour, il suffit de vouloir l’égalité des droits entre les hommes et les femmes. »
