En 2024, la France a recensé 886 cas de leptospirose, dont 441 en métropole, marquant une progression fulgurante de la maladie. Alors que les épisodes de canicule incitent les populations à fréquenter les cours d’eau, les autorités sanitaires et les professionnels de la dératisation alertent sur la multiplication des risques de contamination bactérienne.
Une progression alarmante des infections bactériennes
La leptospirose, souvent désignée sous le nom de « maladie du rat », connaît une montée en puissance préoccupante sur le territoire français. Selon les données rapportées par Doctissimo, l’incidence de cette pathologie a doublé en une décennie. L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) indique que le taux est passé de 0,5 cas pour 100 000 habitants en 2014 à 1 cas pour 100 000 en 2024.

Cette évolution épidémiologique a conduit les autorités à classer la leptospirose parmi les maladies à déclaration obligatoire dès 2023. Les chiffres de Santé publique France pour l’année 2024 mettent en lumière la sévérité de l’infection :
| Indicateur (Données 2024) | Statistiques enregistrées |
|---|---|
| Nombre total de cas humains | 886 |
| Cas en France métropolitaine | 441 |
| Cas dans les départements d’outre-mer | 445 |
| Nombre d’hospitalisations | 653 |
| Nombre de décès | 13 |
| Taux d’hospitalisation | 74 % |
| Taux de prise en charge en soins intensifs | 34 % |
Le mécanisme de transmission lié aux fortes chaleurs
Le risque sanitaire s’intensifie lors des périodes de canicule. La bactérie du genre Leptospira, notamment la souche Leptospira icterohaemorrhagiae la plus commune en France, se développe préférentiellement dans les milieux chauds et humides. Elle est présente dans l’urine des rongeurs, tels que le rat brun et le ragondin, et contamine les sols boueux ainsi que les eaux douces.

La transmission s’opère lorsque la bactérie pénètre dans l’organisme via des plaies, des érosions cutanées, des muqueuses ou par inhalation de gouttelettes. Pour les amateurs de sports nautiques, le danger est accru. Comme l’explique Le Tribunal du Net, l’eau peut paraître parfaitement limpide et propre alors qu’elle contient ces agents pathogènes invisibles.
« Le risque repose sur trois piliers : la densité des rongeurs, des eaux réchauffées par la canicule, et l’afflux massif du public. »
Un cocktail de pathogènes dans les eaux douces
La leptospirose n’est pas l’unique menace pesant sur les baigneurs en période estivale. L’association PROSANE, qui regroupe les professionnels de la désinfection, dénonce un risque sanitaire élargi dans les zones de loisirs. Presse Agence rapporte que l’analyse des déjections de rongeurs révèle la présence de bactéries comme Campylobacter et Clostridium dans 40 % des échantillons, des agents responsables d’intoxications alimentaires.
Parallèlement, la hausse des températures favorise la prolifération de cyanobactéries toxiques et de risques de botulisme aviaire dans les eaux stagnantes. Ce phénomène crée une situation de vulnérabilité accrue pour les usagers des rivières, des lacs et des bases de loisirs.
Vers une gestion préventive des sites de baignade
Face à cette situation, les experts appellent à une évolution des protocoles de surveillance. PROSANE préconise l’intégration de critères de lutte contre les rongeurs dans les labels de qualité des sites de baignade, afin de ne plus se limiter à la seule observation de la clarté de l’eau.

Sur le plan scientifique, des outils de prédiction émergent pour anticiper ces crises. Selon les travaux de Léa Douchet, mathématicienne et chercheuse à l’IRD, il est désormais possible de prédire le risque épidémique trois mois à l’avance en analysant les variations climatiques. Comme l’indique Radio1 Tahiti, cette approche pourrait s’appliquer non seulement à la leptospirose, mais aussi aux arboviroses comme la dengue.
Pour les particuliers, les autorités sanitaires recommandent plusieurs mesures de protection individuelle lors de toute activité en eau douce :
- Protéger les plaies avec des pansements imperméables.
- Éviter de marcher pieds nus ou en sandales ouvertes dans les zones boueuses ou les eaux stagnantes.
- Laver abondamment et désinfecter toute plaie exposée avec un antiseptique après une immersion.
La vaccination peut être envisagée par un médecin selon l’évaluation des risques, bien qu’elle ne soit efficace que contre une seule variété de la bactérie. En cas de symptômes tels que fièvre, frissons ou douleurs musculaires survenant 6 à 14 jours après une exposition, une consultation médicale immédiate est nécessaire.
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