Publié le 30 novembre 2025 à 07h00. Les autorités indonésiennes enquêtent sur l’origine de milliers de rondins de bois découverts après les récentes inondations à Sumatra, suspectant des pratiques illégales d’exploitation forestière. L’affaire relance le débat sur la lutte contre l’abattage illégal et la fraude documentaire dans le secteur forestier.
- Le ministère des Forêts recherche la source et la cause de l’apparition massive de rondins de bois après les inondations.
- Des cas de distribution illégale de bois dans les zones touchées ont déjà été signalés.
- Une enquête est en cours pour déterminer si ces bois proviennent d’exploitations légales, d’abattages illégaux ou d’autres sources.
Le ministère des Forêts indonésien (Kemenhut) a lancé une enquête approfondie pour déterminer l’origine des milliers de rondins de bois charriés par les inondations qui ont frappé Sumatra. L’apparition soudaine de ce bois a soulevé des inquiétudes quant à la possibilité d’activités illégales d’exploitation forestière dans la région.
Dwi Januanto Nugroho, directeur général de l’application de la loi (Gakkum) au sein du ministère, a précisé que les rondins pourraient provenir de diverses sources : arbres pourris, arbres tombés naturellement, matériaux transportés par les rivières, exploitations forestières légales, mais aussi d’abus de la part des détenteurs de droits fonciers (PHAT) et d’exploitations illégales. L’objectif principal de la Direction générale de Gakkum est d’enquêter de manière rigoureuse sur toute infraction et de poursuivre les auteurs de crimes forestiers conformément à la loi.
« En ce qui concerne l’actualité, je dois souligner que notre explication n’a jamais eu pour but de nier la possibilité de pratiques illégales derrière le bois transporté par l’inondation, mais plutôt de clarifier les sources de bois sur lesquelles nous enquêtons actuellement et de garantir que chaque élément de l’exploitation forestière illégale continue d’être traité conformément à la réglementation. »
Dwi Januanto Nugroho, directeur général de l’application de la loi (Gakkum)
Au cours de l’année 2025, la Direction générale de Gakkum a déjà traité plusieurs affaires liées au blanchiment de bois illégal dans les zones touchées par les inondations à Sumatra. En juin 2025, une enquête menée dans le centre d’Aceh a révélé un abattage illégal d’arbres en dehors des zones autorisées aux détenteurs de droits fonciers (PHAT) et des zones forestières, avec la découverte d’environ 86,6 mètres cubes (m3) de bois illégal.
En août 2025, à Solok, dans l’ouest de Sumatra, des activités d’abattage illégal dans des zones forestières en dehors des zones PHAT ont été démantelées. L’opération a permis de saisir 152 grumes, ainsi que deux excavatrices et un bulldozer utilisés pour le transport du bois.
En octobre 2025, des opérations conjointes menées sur les îles Mentawai et à Gresik, par la Direction générale de Gakkumhut et la Force opérationnelle de contrôle des zones forestières (PKH), ont abouti à la saisie de 4 610,16 m3 de grumes provenant de la forêt de Sipora. Cette saisie était liée à l’utilisation de documents PHAT douteux.
Parallèlement, à Sipirok, dans le sud de Tapanuli, quatre camions transportant 44,25 m3 de grumes ont été interceptés en octobre 2025. Les documents présentés pour justifier le transport du bois provenaient de détenteurs de droits fonciers (PHAT) dont les autorisations avaient été suspendues.
Selon Dwi Januanto Nugroho, la criminalité forestière est devenue de plus en plus sophistiquée. Des systèmes légaux sont désormais exploités par le biais de documents PHAT falsifiés, dupliqués ou empruntés. « Nous ne nous contentons pas de réprimer l’exploitation forestière illégale sur le terrain, mais nous traçons également les documents, le flux de marchandises et le flux de fonds qui la soutiennent », a-t-il affirmé.
Pour prévenir l’utilisation du système d’information sur l’administration des produits forestiers (SIPuHH) à des fins illégales, le ministère des Forêts a mis en place un moratoire sur les services de ce système pour l’administration du bois dans les zones d’utilisation autres (APL). Cette mesure vise à empêcher la distribution de bois illégal provenant d’exploitations illégales.
(entre/gil)
