Publié le 22 octobre 2025 à 22h43. Une alimentation de type méditerranéen pourrait réduire significativement le risque d’endométriose, selon une étude menée auprès de femmes iraniennes, soulignant l’importance du régime alimentaire dans la santé reproductive.
- Les femmes suivant un régime méditerranéen présentent un risque d’endométriose réduit de 94 %.
- Une consommation accrue de fruits, de légumes, de poisson et de légumineuses est associée à un risque plus faible de développer la maladie.
- Des résultats inattendus suggèrent une association entre une consommation plus élevée de céréales complètes et un risque accru d’endométriose, nécessitant des recherches supplémentaires.
L’endométriose, une affection chronique touchant environ 10 % des femmes en âge de procréer, se caractérise par la croissance de tissus similaires à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus. Cette maladie peut entraîner des douleurs pelviennes intenses et des problèmes d’infertilité. Son développement est influencé par des facteurs hormonaux, inflammatoires, immunitaires, génétiques et environnementaux.
Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés, notamment le manque d’activité physique, le surpoids, la consommation de tabac et d’alcool. Récemment, l’attention s’est portée sur le rôle potentiel de l’alimentation dans la prévention et la gestion de l’endométriose. Des études suggèrent qu’une alimentation riche en fruits, légumes et autres aliments d’origine végétale pourrait aider à réduire l’inflammation et à soulager les douleurs associées à cette maladie. L’inflammation, le stress oxydatif, l’équilibre hormonal et les contractions musculaires sont autant de processus impliqués dans la progression de l’endométriose qui pourraient être influencés par l’alimentation.
Une équipe de chercheurs a mené une étude cas-témoins à Téhéran, en Iran, impliquant 115 femmes atteintes d’endométriose confirmée par chirurgie ou histologie, et 230 femmes témoins ne souffrant pas de la maladie. L’étude a porté sur l’évaluation de l’apport alimentaire des participantes au cours de l’année précédente, à l’aide d’un questionnaire validé sur la fréquence des aliments (FFQ) comprenant 168 éléments. Les données alimentaires et anthropométriques ont été collectées par des enquêteurs formés, ignorant l’état des participantes, afin de minimiser les biais.
L’adhésion au régime méditerranéen a été mesurée à l’aide du score Medi-Lite, basé sur la consommation de fruits et de noix, de légumes, de légumineuses, de poisson, de céréales complètes, de viande et de produits laitiers, ainsi que sur le rapport entre les graisses monoinsaturées et saturées. Un indicateur d’alimentation saine (IDH) a également été calculé, en se basant sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé concernant l’apport en graisses, en glucides, en fibres et en protéines.
Les résultats ont révélé que les femmes témoins affichaient une adhésion significativement plus élevée au régime méditerranéen (score moyen de 9,21 contre 5,63 pour les femmes atteintes d’endométriose) et une meilleure qualité globale de l’alimentation (IDH moyen de 5,54 contre 2,80). Les femmes non atteintes d’endométriose consommaient davantage de fruits, de noix, de poisson, de légumes et de légumineuses, tandis que celles atteintes de la maladie rapportaient une consommation plus importante de graisses saturées, de viande et de produits laitiers. De manière surprenante, la consommation de céréales complètes était plus élevée chez les femmes atteintes d’endométriose.
Une forte adhésion au régime méditerranéen était associée à une réduction de 94 % du risque d’endométriose (rapport de cotes ajusté de 0,06 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,02–0,15). Une consommation accrue de fruits et de noix (rapport de cotes de 0,09 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,03 à 0,28), de légumes (rapport de cotes de 0,18 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,07 à 0,48), de poisson (rapport de cotes de 0,16 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,06 à 0,43) et de légumineuses (rapport de cotes de 0,26 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,10 à 0,68) était également associée à un risque plus faible. En revanche, la consommation de viande était associée à un risque environ dix fois plus élevé (rapport de cotes de 10,36 ; intervalle de confiance à 95 % : 4,31–24,87) et celle de produits laitiers à un risque environ 4,6 fois plus élevé (rapport de cotes de 4,58 ; intervalle de confiance à 95 % : 2,04–10,26). L’association inattendue entre une consommation plus élevée de céréales complètes et un risque accru (rapport de cotes de 2,30 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,10–4,82) nécessite des investigations plus approfondies.
De même, les femmes ayant des scores IDH plus élevés présentaient un risque réduit de 95 % d’endométriose (rapport de cotes ajusté de 0,05 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,01–0,15). Les auteurs soulignent que les résultats concernant les acides gras monoinsaturés pourraient être liés à des sources alimentaires spécifiques à la population étudiée ou à des facteurs confondants non mesurés.
Cette étude suggère qu’une alimentation de type méditerranéen et une alimentation de haute qualité pourraient jouer un rôle protecteur contre l’endométriose. Cependant, les chercheurs soulignent la nécessité de mener des études longitudinales et interventionnelles pour confirmer ces résultats et mieux comprendre les mécanismes sous-jacents. L’étude complète est disponible dans la revue Scientific Reports.
Référence du journal :
- Noormohammadi, M., Javaheri, F.S.H., Ghasemisedaghat, S., Ghoreishy, S.M., Eslamian, G., Nouri, M., Kazemi, S.N., Nematifard, E., Rashidkhani, B., Taheripanah, R. (2025). Mediterranean diet adherence and a healthy eating index may reduce the risk of endometriosis. Scientific Reports 15, 36750. https://www.nature.com/articles/s41598-025-20621-6
