Publié le 23 octobre 2025 à 22h11. La Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT) s’alarme d’une décision de justice qui, selon elle, fragilise la protection de l’emploi public au Chili en niant le principe de la “confiance légitime” pour les contractuels de l’État.
- La CUT dénonce une décision de la Cour d’Appel qui ne reconnaît pas la “confiance légitime” comme un droit normatif pour les travailleurs sous contrat.
- L’organisation syndicale craint que cette décision n’affaiblisse les droits des travailleurs et des citoyens, et ouvre la voie à une réduction de l’État.
- La CUT appelle le gouvernement et le Parlement à une réforme profonde du système d’emploi public pour garantir la stabilité et la continuité des fonctions permanentes.
La Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT) a exprimé sa vive inquiétude suite à la confirmation, par la Cour d’Appel, d’une décision qui refuse de consacrer le principe de la “confiance légitime” dans le droit chilien. Ce principe, essentiel pour de nombreux employés du secteur public, stipule qu’un travailleur dont le contrat est régulièrement renouvelé peut légitimement s’attendre à une poursuite de son emploi.
Silvia Silva, vice-présidente de la CUT en charge de la gestion et des finances, a fermement critiqué cette décision de justice. Selon l’organisation syndicale, elle porte atteinte non seulement aux droits des travailleurs, mais également à ceux des citoyens en général. La CUT redoute que cette jurisprudence ne crée un climat propice à une réduction des effectifs de l’État et à une diminution des services publics.
La CUT estime que cette décision ouvre la porte à une précarisation accrue de l’emploi public. Silvia Silva a déclaré :
« De la CUT, nous ne concevons pas un échec de cette ampleur, qui attaque directement l’emploi public. Et nous demandons de toute urgence au Gouvernement et au Parlement d’accélérer une réforme profonde du système d’emploi public qui mette fin à la précarité et établisse des mécanismes qui garantissent la continuité et la stabilité de l’emploi pour ceux qui exercent des fonctions permanentes »
Silvia Silva, vice-présidente de la CUT
Elle a également souligné l’importance d’une modernisation de l’État qui respecte les droits fondamentaux des travailleurs :
« Il ne peut y avoir de modernisation de l’État tant que formes de contrats qui violent les droits fondamentaux »
Silvia Silva, vice-présidente de la CUT
La CUT a mis en évidence les taux élevés de contrats précaires au sein de l’administration publique, citant 22,1% de contrats à durée déterminée, 55,6% de contrats à honoraires, 5,6% de contrats de prestation de services et 16,7% d’autres formes de relations de travail instables. Elle dénonce ces pratiques comme une source d’inégalités qui contreviennent au principe du travail décent et aux conventions internationales ratifiées par le Chili.
