Publié le 17 novembre 2025 à 22h45. Des paléontologues chinois ont mis au jour dans le bassin du Sichuan les restes d’un dinosaure sauropode colossal, potentiellement l’un des plus grands animaux terrestres ayant jamais existé, redéfinissant notre compréhension du gigantisme chez ces créatures préhistoriques.
- L’espèce nouvellement découverte, baptisée Tongnanlong zhimingi, aurait pu atteindre une longueur impressionnante de 29 mètres.
- Les fossiles ont été découverts dans la formation de Suining, datant du Jurassique supérieur (environ 147 millions d’années).
- L’analyse de la structure osseuse révèle des adaptations permettant de supporter un poids considérable, avec des espaces remplis d’air pour alléger le squelette.
La découverte de Tongnanlong zhimingi, dans le district de Tongnan, à Chongqing, apporte un nouvel éclairage sur les écosystèmes du Jurassique supérieur et sur la répartition géographique des sauropodes géants. Initialement mis au jour sur un chantier de construction, le fossile a ensuite été étudié par une équipe du China Chengdu Geological Survey Center dirigée par Xuefang Wei.
Ce dinosaure appartient à la famille des Mamenchisauridae, des sauropodes caractérisés par leur long cou et un squelette relativement léger pour leur taille. Les chercheurs ont pu estimer la taille de l’animal grâce à l’analyse de plusieurs fragments d’os, notamment trois vertèbres, six vertèbres caudales, une partie d’une épaule et divers os de jambe. En comparant ces éléments à ceux d’autres dinosaures apparentés, ils ont estimé sa longueur entre 22 et 29 mètres.
Une caractéristique notable de Tongnanlong zhimingi est la présence d’espaces pneumatiques à l’intérieur des os, une adaptation qui permettait de réduire le poids du squelette sans compromettre sa solidité. Associée à de grandes omoplates et à une colonne vertébrale renforcée, cette structure suggère que le dinosaure était parfaitement adapté pour supporter un poids colossal.
La formation de Suining a déjà livré d’autres fossiles de grands sauropodes, ce qui témoigne de la richesse de cet écosystème en géants à long cou. Les sédiments de cette formation, composés de mudstone et de grès rouge pourpre, présentent des marques d’ondulation indiquant un environnement de rivage de lac. La présence de bivalves d’eau douce, de conchostracans et de tortues confirme l’existence de zones humides jurassiques interconnectées, capables de nourrir ces herbivores massifs.
Les conditions de conservation du fossile suggèrent qu’il a été enterré près de son lieu de mort, ce qui indique que l’animal vivait et mourait dans cet environnement. La végétation abondante, l’accès à l’eau et les caractéristiques spécifiques de l’écosystème local ont probablement contribué à la survie de créatures de cette taille.
Cette découverte pourrait remettre en question l’hypothèse de l’isolement de l’Asie de l’Est pendant le Jurassique. D’autres dinosaures de la famille des Mamenchisauridae ont été retrouvés en dehors de l’Asie, comme Wamweracaudia keranjei, découvert en Tanzanie. Cela suggère une distribution géographique plus large qu’on ne le pensait auparavant.
« Nos nouvelles découvertes montrent que les Mamenchisauridae ne sont pas seulement un groupe d’Asie de l’Est. Ils se sont répandus à l’échelle mondiale au cours du Jurassique supérieur et les sauropodes géants vivaient dans des environnements similaires sur de nombreux continents en même temps. »
Xuefang Wei, chercheur principal
La recherche a été publiée dans Scientific Reports.
