Publié le 6 novembre 2025 à 10h30. Les États-Unis envisagent d’établir des bases du Département de la sécurité intérieure en Équateur, dans le cadre d’une coopération renforcée pour lutter contre le trafic de drogue et le crime organisé, après une visite de la secrétaire américaine Kristi Noem.
- La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a rencontré le président équatorien Daniel Noboa à Manta et se rendra jeudi dans la ville côtière de Salinas.
- Washington souhaite évaluer des « installations stratégiques » pour accueillir des bases potentielles du Département de la sécurité intérieure.
- L’Équateur, confronté à une recrudescence de la violence liée au crime organisé, a exclu l’installation d’une base militaire américaine aux îles Galápagos.
L’Équateur et les États-Unis renforcent leur coopération en matière de sécurité. La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, est arrivée mercredi à la base aérienne Eloy Alfaro de Manta, dans le sud-ouest de l’Équateur, où elle a été accueillie par le président Daniel Noboa, le ministre de la Défense et le chancelier. Aucun des deux responsables n’a fait de déclaration à la presse à l’issue de cette rencontre.
Selon la porte-parole présidentielle équatorienne, Carolina Jaramillo, Kristi Noem se renseignera sur des « installations stratégiques » pour déterminer l’emplacement de « bases potentielles » pour le Département de la sécurité intérieure. Ce département gouvernemental américain est chargé de protéger le pays contre diverses menaces, notamment le terrorisme, le contrôle des frontières et la gestion des migrations.
Ces bases potentielles seraient occupées par des « agences de sécurité et de défense » américaines, ainsi que par les forces de police et militaires équatoriennes impliquées dans la lutte contre le crime organisé, a précisé la porte-parole.
La ville de Manta a déjà accueilli des avions américains pendant une décennie, jusqu’en 2009, pour des vols de lutte contre le trafic de drogue. Salinas, quant à elle, faisait partie de la stratégie militaire de Washington pendant la Seconde Guerre mondiale. Les deux villes abritent actuellement des installations militaires équatoriennes.
Daniel Noboa, allié du gouvernement de Donald Trump dans la région, avait annoncé vendredi que son pays excluait l’idée d’installer une base militaire américaine aux îles Galápagos, dans le cadre d’une offensive contre le trafic de drogue dans le Pacifique. Le référendum sur les bases étrangères en Équateur se déroulera dans un contexte de campagne militaire américaine dans le Pacifique et les Caraïbes, marquée par des attaques contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue, une stratégie soutenue par Noboa.
L’Équateur est confronté à une crise de violence sans précédent, avec une augmentation de plus de 600 % des homicides au cours des six dernières années. Environ vingt organisations pharmaceutiques locales opèrent en lien avec des cartels internationaux, aggravant la situation. Le pays a également entamé des discussions avec le Brésil pour créer une police amazonienne afin de lutter contre le crime organisé dans cette région.
Le voyage du président colombien Gustavo Petro à Manta a suscité des interrogations, notamment en raison de son séjour de plusieurs jours dans une résidence privée sans agenda officiel. Des spéculations ont circulé concernant une éventuelle rencontre avec José Adolfo Macías Villamar, alias « Fito », un trafiquant de drogue lié à l’organisation criminelle Los Choneros, des allégations que le gouvernement colombien a démenties.
