Le gouvernement a annoncé, ce lundi 20 juillet, qu’il allait étudier les conditions de déploiement d’une obligation vaccinale contre la grippe pour les professionnels de santé. Cette décision fait suite à un avis favorable de la Haute Autorité de Santé (HAS) publié le même jour, recommandant cette mesure pour protéger les populations les plus vulnérables.
Une mise en œuvre progressive et concertée
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a indiqué dans un communiqué que les travaux nécessaires pour mettre en œuvre cette recommandation sont engagés dès aujourd’hui. L’objectif affiché est de mieux protéger les personnes risquant de développer des formes graves de la grippe. Selon Bfmtv, le calendrier et les modalités pratiques seront précisés et concertés dans les prochaines semaines.
Le gouvernement a toutefois apporté une précision importante : aucune sanction ne sera prise lors de la première année d’application du dispositif. Le déploiement tiendra compte des capacités d’administration et d’approvisionnement, prévoyant si besoin une montée en charge progressive. Les travaux porteront également sur :
- Le périmètre précis des professions et établissements concernés.
- Les modalités de contrôle et de preuve de vaccination.
La concertation impliquera divers acteurs, notamment les représentants des étudiants et professionnels, les employeurs publics et privés, les fédérations médico-sociales et sanitaires, ainsi que les représentants des usagers et les acteurs de la santé au travail.
Le périmètre recommandé par la HAS
Dans son avis, la Haute Autorité de Santé préconise de rendre la vaccination annuelle obligatoire pour :
- L’ensemble des professionnels de santé, qu’ils soient salariés ou libéraux.
- Les étudiants des filières médicales et paramédicales.
- Les autres personnels des établissements de santé et médico-sociaux hébergeant des personnes âgées, lorsqu’ils sont en contact avec des personnes à risque de forme sévère.
À l’inverse, la HAS ne recommande pas l’obligation vaccinale pour les personnes âgées de 65 ans et plus résidant en collectivité. Selon la Haute Autorité de Santé, le taux de couverture vaccinale pour cette population est déjà de 82,7 %, dépassant le seuil de 75 % recommandé par l’OMS. L’autorité a également invoqué des exigences éthiques, les Ehpad étant considérés comme de véritables lieux de vie.
Un fardeau sanitaire et économique important
L’obligation vaccinale se justifie par l’ampleur du fardeau sanitaire de la grippe et le risque de transmission des professionnels vers les patients. La HAS souligne que la grippe provoque chaque année de fortes tensions sur le système de soins, entraînant des plans blancs ou des déprogrammations durant la période critique de 10 à 12 semaines.

Les données récentes illustrent la gravité de la situation :
| Période / Indicateur | Données |
|---|---|
| Morts (période 2025-2026) | 12 700 décès |
| Morts (épidémie précédente) | 17 900 décès |
| Hospitalisations (2024-2025) | 92 000 hospitalisations |
| Hospitalisations (2023-2024) | Environ 53 000 (dont 26 500 chez les 65+) |
| Coût économique | 1 à 2 milliards d’euros |
Réactions et obstacles logistiques
Le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) a salué la décision. Son porte-parole, Thierry Amouroux, a évoqué un devoir d'exemplarité
des soignants face aux patients. Interrogé par franceinfo, il a précisé que les personnes âgées sont moins sensibles à la vaccination, rendant la protection des soignants cruciale.

M. Amouroux a toutefois souligné que le faible taux de vaccination actuel chez les soignants — seulement 20 % — n’est pas dû à une réticence vaccinale, mais à des problèmes logistiques. Il a critiqué la nécessité de passer par la médecine du travail, dont les horaires sont contraignants après des journées épuisantes, et a réclamé que le vaccin soit accessible directement dans les unités de soin pour permettre l’auto-vaccination dans le service.
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