Publié le 16 mai 2024. La Bulgarie s’apprête à adopter de nouvelles règles européennes visant à une plus grande transparence salariale et à l’élimination des discriminations, interdisant notamment aux employeurs de demander l’historique de rémunération des candidats.
- D’ici mi-2026, la Bulgarie doit transposer la directive européenne 2023/970 dans sa législation nationale.
- Les entreprises de plus de 100 employés devront publier annuellement des rapports sur l’écart salarial entre hommes et femmes, à partir de juin 2027.
- Il sera interdit aux employeurs de questionner les candidats sur leurs rémunérations passées ou actuelles.
La Bulgarie s’engage à mettre en œuvre une directive européenne ambitieuse qui va profondément modifier les pratiques en matière de rémunération et de recrutement. L’objectif principal est d’assurer l’égalité salariale entre les hommes et les femmes pour un travail égal, en luttant contre les discriminations, souvent cachées, fondées sur le genre.
La directive (CE) 2023/970, qui doit être intégrée dans la législation bulgare au plus tard le 7 juin 2026, s’appliquera à tous les employeurs, tant dans le secteur public que privé, et à tous les types de contrats de travail. Elle représente un changement majeur dans la manière dont les salaires sont négociés et perçus.
Les entreprises employant plus de 100 personnes seront soumises à une obligation de transparence accrue. Elles devront rendre compte chaque année de l’écart salarial entre les hommes et les femmes, une exigence qui entrera en vigueur progressivement à partir du 7 juin 2027. Ces rapports seront publiés et examinés par des autorités nationales de surveillance, dont le rôle précis reste à définir.
L’une des mesures les plus significatives de cette directive est l’interdiction faite aux employeurs de demander aux candidats leur rémunération actuelle ou antérieure. Cette pratique, souvent considérée comme un obstacle à l’égalité salariale, est désormais proscrite. L’idée est de permettre une détermination des salaires plus juste, basée sur les compétences et la valeur du poste, et non sur l’historique de rémunération du candidat.
Dès la publication d’une offre d’emploi, les employeurs devront désormais indiquer clairement : le salaire proposé ou une fourchette salariale, les critères utilisés pour calculer la rémunération (objectifs et neutres en matière de genre), et les éventuelles clauses de la convention collective applicable. L’objectif est de donner à chaque candidat une information complète et transparente sur les conditions de travail avant même de passer un entretien.
Les salariés auront également le droit d’exiger par écrit des informations sur leur propre niveau de salaire, ainsi que sur les salaires moyens par sexe pour des postes similaires au sein de l’entreprise. Les employeurs seront tenus de fournir ces données et de justifier les éventuelles différences de rémunération. Ils devront également rendre accessibles les critères utilisés pour déterminer et augmenter les salaires.
Bien que la directive ne fixe pas d’amendes spécifiques, elle oblige les États membres à mettre en place des sanctions efficaces et dissuasives en cas de non-respect des règles. Ces sanctions pourraient inclure des amendes financières calculées en fonction du chiffre d’affaires de l’entreprise ou de la masse salariale, ainsi que la suspension temporaire de l’accès aux fonds publics ou aux marchés publics.
En Bulgarie, la Commission anti-discrimination ou le Conseil National pour l’Égalité des Femmes et des Hommes pourraient être chargés du contrôle de l’application de la directive, mais la décision finale reste à prendre par le législateur.
Un groupe de travail interministériel a été créé fin 2024 au ministère du Travail et de la Politique sociale pour préparer un projet de loi de transposition de la directive. Ce projet devrait être soumis à l’Assemblée nationale en 2025, afin de respecter les délais européens.
L’entrée en vigueur de cette directive marque le début d’une nouvelle ère dans les relations de travail en Bulgarie, passant d’une culture du secret et de la négociation opaque à une culture de la transparence, de la confiance et de l’égalité. Les employeurs devront adapter leurs politiques de rémunération, et les salariés devront s’habituer à l’idée que le salaire n’est plus un sujet tabou, mais un indicateur de justice et de respect du travail.
Pour plus d’actualités financières et d’autres conseils utiles sur vos finances personnelles, vous pouvez nous suivre sur Facebook ou Google Actualités.
