Publié le 11 novembre 2025 à 13h56. Le maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, figure de l’opposition au président Erdoğan, est visé par des accusations graves et une demande de peine de prison pouvant atteindre 2 352 ans, une offensive judiciaire qui suscite des inquiétudes quant à l’état de droit en Turquie.
- Le parquet d’Istanbul a requis jusqu’à 2 352 ans de prison contre Ekrem İmamoğlu, l’accusant de diriger une organisation criminelle, de corruption et de blanchiment d’argent.
- L’acte d’accusation, qui compte 3 900 pages et implique 402 suspects, intervient après l’arrestation et la destitution du maire d’Istanbul.
- Cette répression contre le parti CHP, dont İmamoğlu est un membre éminent, s’intensifie alors que le parti a réalisé de bons résultats lors des élections locales de 2024.
La justice turque frappe fort contre l’un des principaux adversaires du président Recep Tayyip Erdoğan. Le parquet d’Istanbul a annoncé ce lundi avoir requis une peine maximale de 2 352 ans de prison contre Ekrem İmamoğlu, maire d’Istanbul et figure de proue du Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition. Selon la chaîne de télévision publique TRT, l’acte d’accusation l’impute de la création et de la direction d’une organisation criminelle, ainsi que de corruption et de blanchiment d’argent.
Cette demande de condamnation, qualifiée d’injustifiée par l’entourage du maire, intervient près de huit mois après son arrestation et sa destitution de son poste. Un avocat du CHP a déclaré à l’agence allemande de presse que ces allégations étaient infondées et qu’il espérait un acquittement. L’acte d’accusation, d’une ampleur considérable avec ses 3 900 pages, vise également 402 autres personnes.
L’arrestation d’İmamoğlu en mars dernier et les poursuites qui s’ensuivent ont provoqué une vague de protestations à travers la Turquie, les plus importantes manifestations enregistrées depuis plus d’une décennie. Le politicien lui-même nie fermement les accusations portées contre lui.
Cette offensive judiciaire s’inscrit dans un contexte de tensions politiques croissantes en Turquie. Le CHP a surpris en se présentant comme la force la plus importante du pays lors des élections locales de 2024, un résultat interprété par beaucoup comme un signe avant-coureur d’un possible changement de gouvernement. Depuis, le parti laïc est soumis à une pression accrue, avec des centaines de ses membres arrêtés et 17 de ses maires démis de leurs fonctions.
Le gouvernement turc rejette les critiques concernant cette répression, affirmant que le système judiciaire du pays est indépendant. Cependant, cette affirmation est contestée par de nombreuses organisations internationales et par la Commission européenne, qui expriment leurs préoccupations quant au respect de l’état de droit en Turquie.
