Publié le 6 novembre 2025 à 08h26. Les élections locales de mardi dernier aux États-Unis ont marqué un recul pour les républicains, avec des victoires démocrates notables à New York, en Virginie et dans le New Jersey, et une dynamique nouvelle qui pourrait influencer les élections de mi-mandat de 2026.
- Zohran Mamdani, candidat socialiste, a remporté l’élection à la mairie de New York, battant l’ancien gouverneur démocrate Andrew Cuomo et le candidat républicain Curtis Sliwa.
- La démocrate Abigail Spanberger a été élue gouverneure de Virginie avec une marge de plus de 10 points, obtenant la plus large victoire démocrate dans l’histoire récente de l’État.
- Donald Trump a attribué la défaite républicaine à son absence sur les bulletins de vote et à la fermeture prolongée du gouvernement fédéral.
La victoire de Zohran Mamdani à New York, un jeune musulman d’origine ougandaise, est particulièrement significative. Il a remporté l’élection avec une avance de 10 points sur Andrew Cuomo, qui s’était présenté comme indépendant, et sur Curtis Sliwa, le candidat républicain. Cette victoire intervient après une campagne où Donald Trump s’était directement impliqué pour tenter d’empêcher l’élection de Mamdani, soutenant même son adversaire.
Au-delà de New York, les démocrates ont également enregistré des succès en Virginie, où Abigail Spanberger a été élue gouverneure en battant la républicaine Winsome Earle-Sears par plus de 10 points. Il s’agit de la plus large victoire d’un démocrate dans l’histoire récente de l’État. Dans le New Jersey, le démocrate Mikey Sherrill a également remporté la victoire face au républicain Jack Ciattarelli.
En Californie, les électeurs ont approuvé une mesure de redécoupage des circonscriptions électorales, qui pourrait accroître les chances des démocrates de prendre le contrôle de la Chambre des députés lors des élections de l’année prochaine.
Donald Trump a réagi publiquement à ces résultats sur sa plateforme Truth Social.
« La raison de la défaite républicaine est que je n’étais pas sur le bulletin de vote, et que la fermeture du gouvernement, qui a établi ce mercredi le record du plus long de l’histoire, a eu un impact négatif sur mon parti. »
Donald Trump, ancien président des États-Unis
Les élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre 2026, détermineront le contrôle des 435 sièges de la Chambre des représentants et d’un tiers des sièges du Sénat. Les républicains dominent actuellement les deux chambres.
Selon l’analyste international Francesco Tucci, ces élections locales, bien que de portée limitée, revêtent une importance politique nationale, car Donald Trump lui-même les a transformées en une sorte de plébiscite dès la première année de son deuxième mandat.
« L’élection a encore plus polarisé le vote urbain contre le trumpisme et son programme ultra-conservateur. »
Francesco Tucci, analyste international
Il souligne que la fermeture prolongée du gouvernement et un agenda ultra-conservateur ont mobilisé le vote urbain contre l’ancien président, notamment chez les jeunes et les minorités.
L’analyste international Francisco Belaunde Matossian souligne également que ces résultats confirment un rejet clair de Donald Trump, qui se reflète déjà dans les sondages où sa popularité est en déclin.
« La chute de Trump dans les sondages date d’avant le shutdown. »
Francisco Belaunde Matossian, analyste international
Il estime que la frustration de nombreux électeurs est liée au manque de résultats tangibles de sa gestion et à des décisions impopulaires, comme le refus de financer des programmes d’aide alimentaire.
Belaunde nuance cependant en soulignant que ces résultats ne traduisent pas nécessairement une victoire structurelle des démocrates, qui sont également confrontés à des divisions internes. Il met en avant le triomphe à New York du progressiste Zohran Mamdani, qui contraste avec les profils plus modérés des vainqueurs démocrates en Virginie et dans le New Jersey.
Concernant l’avenir des républicains, Tucci estime que l’économie sera déterminante.
« L’électeur américain moyen ne se soucie pas de la politique étrangère, il se soucie de l’inflation, de l’emploi, du coût de la vie. Si l’économie ne s’améliore pas, l’usure de Trump sera inévitable. »
Francesco Tucci, analyste international
Il ajoute que Trump semble déterminé à maintenir son leadership, mais que cette stratégie comporte un risque en cas de défaite.
Belaunde souligne que les dirigeants républicains sont confrontés à un dilemme : s’éloigner de Trump pourrait aliéner sa base, mais rester sous son influence pourrait continuer à leur faire perdre du terrain auprès des électeurs modérés.
En conclusion, la scène politique américaine entre dans une phase de réajustement. Les démocrates cherchent à unifier leur message, tandis que les républicains doivent décider s’ils doivent maintenir le trumpisme ou tenter de le dépasser.


