Publié le 11 janvier 2024 18h37. À la veille des élections nationales au Bangladesh, le gouvernement intérimaire minimise les signalements de violences visant les minorités, notamment hindoues, dénonçant une “propagande” visant à déstabiliser le pays.
- Le gouvernement intérimaire du Bangladesh rejette les accusations de violences communautaires, les qualifiant de fausses informations.
- L’Inde a exprimé son inquiétude face aux tentatives de minimiser la dimension communautaire des crimes.
- Plusieurs incidents récents, dont des meurtres, ont été qualifiés de “querelles personnelles” par les autorités bangladaises.
Alors que le Bangladesh se prépare à des élections nationales le 12 février, des inquiétudes grandissent concernant la sécurité des minorités religieuses. Le gouvernement intérimaire, dirigé par Muhammad Yunus, a réagi dimanche aux rapports faisant état d’une recrudescence d’atrocités, en particulier à l’encontre de la communauté hindoue, en qualifiant ces informations de “propagande” destinée à “détruire l’harmonie communautaire”.
Foyez Ahammad, conseiller principal en chef de Yunus et secrétaire de presse adjoint, a déclaré à la presse :
« Les déclarations faites sur la base d’informations fausses ou fabriquées peuvent créer de la confusion dans la société et devenir risquées pour l’harmonie communautaire. »
Foyez Ahammad, conseiller principal en chef de Yunus et secrétaire de presse adjoint
Cette réaction intervient après que l’Inde a exprimé son inquiétude quant aux efforts visant à présenter les crimes comme des conflits isolés, liés à des “rivalités personnelles et des différences politiques”, estimant que cela ne ferait qu'”encourager les auteurs”.
L’administration dirigée par Yunus a systématiquement minimisé les signalements d’incidents impliquant des minorités, les attribuant à des manipulations médiatiques. Le meurtre de l’homme d’affaires Moni Chakraborty à Narsingdi, initialement présenté comme une attaque communautaire, a été qualifié par Foyez Ahammad de dispute découlant d’une “querelle familiale et d’une rivalité commerciale”. Il a ajouté :
« Selon la première impression de la police et de la famille de la victime, aucun lien communautaire n’a été trouvé avec le meurtre. »
Foyez Ahammad, conseiller principal en chef de Yunus et secrétaire de presse adjoint
Moni Chakraborty a été tué au couteau lundi dernier, quelques heures seulement après l’assassinat du journaliste hindou Rana Pratap à Jessore. Foyez Ahammad a dénoncé la diffusion de “fausses propagandes” concernant ces incidents, notamment sur les réseaux sociaux, où ils sont présentés comme des agressions communautaires.
