Publié le 24 septembre 2024. Un tribunal suisse a accepté d’examiner une plainte inédite déposée par quatre pêcheurs indonésiens contre le cimentier Holcim, une décision saluée par les défenseurs du climat comme une étape cruciale dans la lutte pour la justice climatique.
- Le tribunal cantonal de Zoug a validé la recevabilité de la plainte, ouvrant la voie à un examen complet de l’affaire.
- Les plaignants accusent Holcim d’être un contributeur majeur au changement climatique en raison de ses importantes émissions de CO2.
- C’est la première fois qu’un tribunal suisse accepte d’entendre un procès climatique intenté contre une entreprise.
Lundi, le tribunal cantonal de Zoug a donné son feu vert à la poursuite de la procédure judiciaire. Cette décision marque un tournant potentiel dans la manière dont les entreprises sont tenues responsables de leur impact environnemental. L’affaire a été initiée par quatre pêcheurs indonésiens, dont les moyens de subsistance sont directement menacés par les conséquences du changement climatique.
La plainte, soutenue par Swiss Church Aid HEKS/EPER, une organisation suisse de développement et humanitaire fondée par des églises protestantes, vise à établir la responsabilité d’Holcim dans le réchauffement climatique. Swiss Church Aid souligne que l’entreprise, basée à Zoug, continue de produire d’importantes quantités de CO2. L’organisation travaille en partenariat avec le Centre européen des droits constitutionnels et de l’homme et le groupe environnemental indonésien Walhi pour soutenir les plaignants.
« La pertinence juridique du changement climatique est désormais reconnue par les plus hautes juridictions du monde ainsi que par les tribunaux de nombreux autres pays. L’évolution est claire : les principaux émetteurs de gaz à effet de serre sont de plus en plus tenus pour responsables. »
Swiss Church Aid HEKS/EPER
Selon Swiss Church Aid, cette décision s’inscrit dans un mouvement mondial croissant visant à tenir les entreprises responsables de leur contribution au changement climatique. L’organisation estime qu’il s’agit d’une « étape importante » vers la justice climatique, même si elle reconnaît que la bataille juridique pourrait durer plusieurs années. Les enjeux sont considérables, car une issue favorable pourrait ouvrir la voie à d’autres poursuites similaires contre des entreprises polluantes à travers le monde.
Le procès pourrait avoir des implications significatives pour le secteur du ciment, l’un des principaux contributeurs aux émissions mondiales de CO2. Holcim n’a pas immédiatement commenté la décision du tribunal.
