Publié le 6 janvier 2024 à 01h16. Les marchés financiers réagissent avec optimisme à la suite d’événements récents au Venezuela, avec une forte hausse des obligations souveraines du pays, malgré un défaut de paiement persistant depuis 2017. Cette évolution intervient après des développements politiques inattendus qui laissent entrevoir une possible restructuration de la dette vénézuélienne.
- Les obligations émises par le gouvernement vénézuélien et la compagnie pétrolière nationale PDVSA ont enregistré une augmentation de leur valeur allant jusqu’à 30 %, soit environ 10 cents par dollar de valeur nominale.
- Le régulateur financier chinois a demandé aux banques de développement et aux principaux prêteurs d’évaluer leur exposition au crédit vénézuélien.
- Les investisseurs anticipent une restructuration de la dette longue et complexe, ce qui pourrait limiter les gains futurs des obligations.
Les obligations souveraines vénézuéliennes, en défaut de paiement depuis 2017, ont connu une forte progression lundi, stimulée par des espoirs de restructuration de la dette suite à des événements récents. Cette hausse, qui atteint jusqu’à 28,20 % pour la dette de PDVSA arrivant à échéance en 2037, témoigne d’un regain d’intérêt des investisseurs pour le pays, malgré les risques considérables.
Plus précisément, l’obligation Venezuela 2028 a progressé de 25,98 %, celle de 2031 de 25,78 % et celle de 2027 de 24,3 % par rapport à leur clôture précédente, selon les données compilées par Bloomberg. L’année dernière, ces obligations avaient déjà presque doublé de valeur, en raison de la pression militaire croissante exercée par l’administration américaine de Donald Trump sur le président Nicolás Maduro.
Cependant, les experts mettent en garde contre un optimisme excessif. Alejo Czerwonko, directeur des investissements pour les marchés émergents Amériques chez UBS Global Wealth Management, souligne que
« L’incertitude politique persistante, la forte probabilité d’une restructuration longue et complexe de la dette et la visibilité limitée sur la capacité de remboursement du Venezuela limiteront probablement la hausse des prix des obligations. »
Alejo Czerwonko, directeur des investissements pour les marchés émergents Amériques chez UBS Global Wealth Management
Le gouvernement vénézuélien et PDVSA ont un défaut de paiement sur des obligations d’une valeur nominale totale d’environ 60 milliards de dollars en circulation, selon les estimations des analystes. La complexité de la situation financière du Venezuela est également soulignée par l’intérêt manifesté par les autorités chinoises.
Selon Bloomberg News, l’Administration nationale de régulation financière (NFRA) chinoise a demandé à ses banques de développement et aux autres grands prêteurs de déclarer leur exposition au crédit vénézuélien et de renforcer la surveillance des risques liés à ce pays. Cette initiative vise à évaluer les dangers potentiels pour les prêteurs chinois, compte tenu de l’instabilité économique et politique au Venezuela.
