Publié le 24 septembre 2025 14h27. Une vaste étude observationnelle menée au Royaume-Uni révèle une association entre la prescription d’antipsychotiques et un risque accru d’événements cardiovasculaires majeurs chez les patients souffrant de troubles mentaux graves, soulignant la nécessité d’une surveillance attentive des risques et des bénéfices de ces traitements.
- Une analyse de données provenant de plus de 3,2 millions de patients et de plus de 113 millions de témoins a montré une prévalence plus élevée des maladies cardiovasculaires chez les personnes atteintes de troubles mentaux graves.
- L’aripiprazole, un antipsychotique de deuxième génération, a été comparé à d’autres agents en termes de sécurité cardiométabolique et d’efficacité.
- Les chercheurs ont utilisé des techniques d’émulation d’essais cibles pour évaluer les risques cardiovasculaires associés à l’utilisation d’antipsychotiques.
Les troubles mentaux graves, tels que la schizophrénie et le trouble bipolaire, sont souvent associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires. Cette vulnérabilité est en partie liée aux effets secondaires métaboliques de certains antipsychotiques, qui peuvent entraîner une prise de poids, une augmentation du cholestérol et un diabète. Une équipe de chercheurs a donc entrepris d’analyser en profondeur les liens entre la prescription d’antipsychotiques et la survenue d’événements cardiovasculaires indésirables.
L’étude, basée sur l’analyse de données provenant de la Clinical Practice Research Datalink (CPRD) Aurum et des Hospital Episode Statistics (HES), a porté sur une vaste cohorte de patients au Royaume-Uni. Les chercheurs ont utilisé des méthodes statistiques avancées, notamment la pondération du score de propension et l’émulation d’essais cibles, pour minimiser les biais et obtenir des estimations fiables des risques associés à différents antipsychotiques. Ils ont également utilisé la bibliothèque de phénotypes pour identifier avec précision les patients atteints de troubles mentaux graves. Les résultats ont révélé une association significative entre la prescription d’antipsychotiques et un risque accru d’événements cardiovasculaires majeurs, tels que les accidents vasculaires cérébraux et les infarctus du myocarde.
Une analyse comparative a été menée sur l’aripiprazole, un antipsychotique de deuxième génération, par rapport à d’autres agents tels que l’olanzapine, la quétiapine et la rispéridone. Les résultats suggèrent que l’aripiprazole pourrait présenter un profil de sécurité cardiométabolique légèrement plus favorable, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces observations. Les chercheurs ont également souligné l’importance de prendre en compte la dose et la durée du traitement lors de l’évaluation des risques cardiovasculaires.
Les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité d’une surveillance étroite des patients traités par antipsychotiques, en particulier ceux présentant des facteurs de risque cardiovasculaires préexistants. Ils recommandent également une approche individualisée de la prescription, en tenant compte des bénéfices potentiels du traitement par rapport aux risques potentiels. Les données de l’étude sont disponibles sur Zenodo. Les coûts de prescription des antipsychotiques en Angleterre en 2023-2024 sont disponibles dans le rapport de NHS Business Services Authority.
Les chercheurs ont suivi les recommandations de la déclaration STROBE pour le reporting des études observationnelles en épidémiologie. Ils ont également pris en compte les définitions standardisées des événements cardiovasculaires indésirables, comme indiqué dans une revue systématique de Bosco et al. (2021).
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