Publié le 9 décembre 2025 à 22h04. Une vaste étude génétique remet en question les idées reçues sur la goutte, une maladie inflammatoire douloureuse, en soulignant le rôle prépondérant de la génétique plutôt que du mode de vie.
- Une analyse de données génétiques provenant de près de 2,6 millions de personnes a identifié 377 variations génétiques associées à la goutte.
- 149 de ces variations n’avaient jamais été liées à la maladie auparavant, ouvrant de nouvelles pistes de recherche.
- Les chercheurs insistent sur le fait que la goutte est une maladie à base génétique et que les personnes atteintes ne doivent pas être stigmatisées.
Longtemps associée à une consommation excessive d’alcool et à une alimentation déséquilibrée, la goutte est désormais étudiée sous un angle nouveau. Une équipe internationale de scientifiques a mené une analyse approfondie des données génétiques de 2,6 millions d’individus issus de 13 cohortes différentes, dont 120 295 personnes souffrant de goutte. Les résultats, publiés dans la revue Nature Genetics, révèlent que la prédisposition génétique joue un rôle bien plus important dans le développement de cette forme d’arthrite que ce que l’on pensait.
En comparant les codes génétiques des personnes atteintes de goutte à ceux des personnes en bonne santé, les chercheurs ont identifié 377 régions d’ADN spécifiques où des variations étaient liées à la maladie. Plus étonnant encore, 149 de ces variations n’avaient jamais été associées à la goutte auparavant. Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives pour comprendre les mécanismes biologiques sous-jacents à la maladie et développer des traitements plus ciblés.
La goutte se manifeste par une accumulation d’acide urique dans le sang, formant des cristaux aciculaires qui se déposent dans les articulations. Le système immunitaire réagit alors à ces cristaux, provoquant une inflammation intense et des douleurs vives. L’étude suggère que la génétique influence à la fois la probabilité que le système immunitaire attaque ces cristaux et la manière dont l’acide urique est métabolisé par l’organisme.
Les auteurs de l’étude soulignent qu’il est crucial de déconstruire les mythes entourant la goutte.
« La goutte est une maladie chronique avec une base génétique et n’est pas la faute de la personne qui en souffre. Le mythe selon lequel la goutte est causée par le mode de vie ou l’alimentation doit être brisé. »
Tony Merriman, épidémiologiste à l’Université d’Otago en Nouvelle-Zélande
Merriman ajoute que cette stigmatisation peut dissuader les personnes atteintes de consulter un médecin et de bénéficier des traitements disponibles. Il met en garde contre le fait que la prévalence de la goutte est en augmentation, ce qui rend d’autant plus important de sensibiliser le public et de lutter contre les idées reçues.
Bien que les facteurs environnementaux et le mode de vie jouent un rôle, cette étude confirme que la génétique est un déterminant majeur du risque de goutte. Les chercheurs estiment également qu’il existe probablement d’autres liens génétiques encore inconnus. Ils envisagent de réutiliser des médicaments existants pour cibler ces nouvelles voies métaboliques et améliorer la prise en charge de la maladie. Des scientifiques ont même fait revivre un gène vieux de 20 millions d’années dans l’espoir de trouver de nouvelles solutions thérapeutiques.
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