Le match de samedi entre le Nevada et UNLV dépasse largement le cadre d’une simple rivalité sportive. Pour l’entraîneur du Nevada, Jeff Choate, il s’agit d’un affrontement symbolique, exacerbé par un sentiment d’inégalité face aux ressources dont bénéficie son adversaire.
L’enjeu principal ? Le Fremont Cannon, un canon obusier du XIXe siècle pesant 545 livres (environ 247 kg) qui récompense l’équipe victorieuse. Le vainqueur a l’honneur de conserver le canon et de le repeindre aux couleurs de son université. « Récupérez le canon », entend Choate régulièrement, que ce soit à la station-service, sur le campus ou en ville.
Le Nevada (bilan global de 3 victoires pour 8 défaites, 2 victoires pour 5 défaites en Mountain West Conference) mène actuellement la série historique avec 28 victoires contre 12 pour UNLV. Cependant, les Rebels ont remporté les trois dernières rencontres, dont une victoire écrasante de 38 à 14 l’année dernière à Las Vegas. Le Wolf Pack a redressé la barre en remportant ses deux derniers matchs, dont une victoire serrée de 13 à 7 contre le Wyoming le week-end dernier.
Choate n’a jamais vu le Fremont Cannon de ses propres yeux. Il exprime un ressentiment face au fossé qui se creuse entre les deux programmes. UNLV évolue au sein du stade ultramoderne Allegiant Stadium, également domicile des Las Vegas Raiders, et leur entraîneur, Dan Mullen, a récemment signé un contrat lucratif de 3,5 millions de dollars par an (environ 3,2 millions d’euros). Le contrat de Choate, lui, s’élève à 5,77 millions de dollars sur cinq ans.
« Franchement, ces gars-là ont tout pour eux. Tout. Ce n’est pas juste. Nous sommes dans le même État », a déclaré Choate avec véhémence. « Je paie les mêmes impôts que Dan Mullen. Il joue un peu plus. J’ai une puce sur l’épaule. Je l’ai quand je vais à Laramie (Wyoming), quand je vais dans l’Utah, et surtout quand je vais à Las Vegas. » Il compare UNLV à une voiture de luxe, une Mercedes-Benz ou une Lamborghini, tandis que le Nevada serait plutôt un robuste pick-up Ford F-150.
Choate anticipe une forte charge émotionnelle de la part de ses joueurs, en particulier au début du match. Il insiste sur la nécessité de contrôler ces émotions et de ne pas se laisser submerger. « Nous devons élaborer un bon plan, mais il faut que ces jeunes soient mentalement prêts. Il faut parfois survivre à l’impulsion émotionnelle initiale », explique-t-il. « Une fois que le match est lancé, on réalise que ces joueurs sont talentueux, mais que nous ne sommes pas mauvais non plus. Quand nous sommes à notre meilleur niveau, nous pouvons rivaliser. »
Le match de samedi représente également l’ultime sortie pour les joueurs seniors de l’équipe du Nevada. Choate salue leur contribution et leur engagement envers le programme. « J’ai beaucoup de respect pour ces joueurs et j’apprécie ce qu’ils ont apporté à l’organisation », a-t-il déclaré. « Ils se soutiennent mutuellement pour une dernière semaine et savourent l’opportunité de jouer au football universitaire. »
Le coup d’envoi du match entre UNLV et le Nevada est prévu samedi à 18h au Mackay Stadium.
