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Y’en a marre et Aar Sunu République exigent référendum sur réformes constitutionnelles

by Nicolas Lefèvre
La création du Mouvement Aar Sunu République pour défendre la République

Le mouvement citoyen Y’en a marre et la nouvelle coalition Aar Sunu République s’opposent fermement aux réformes constitutionnelles portées par le groupe parlementaire Pastef au Sénégal. Ce dimanche 28 juin 2026, les acteurs de la société civile et de l’opposition exigent un référendum pour garantir la légitimité de ces changements institutionnels majeurs.

La création du Mouvement Aar Sunu République pour défendre la République

La création du Mouvement Aar Sunu République pour défendre la République
Photo: Seneweb
Face à la volonté de la majorité parlementaire de Pastef d’adopter une proposition de loi modifiant la Constitution, une large réunion de concertation s’est tenue ce samedi. Cette rencontre a abouti à la naissance du Mouvement Aar Sunu République, un nouveau cadre commun regroupant des forces vives de la nation. Le mouvement se veut inclusif et affiche un objectif unique : la préservation de la République. Ce regroupement réunit une diversité d’acteurs politiques, des partis membres du Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR), ainsi que plusieurs organisations de la société civile. Parmi les entités participantes, on note :
  • Le Cosce
  • L’Africa Jom Center
  • Le Forum du justiciable
  • Le Forum civil
  • Des organisations féministes et des personnalités indépendantes
Parmi les figures marquantes ayant pris part à cette réunion fondatrice figurent Alioune Tine, Moundiaye Cissé, Babacar Bâ et Matar Sall du Forum civil. Plusieurs députés, dont Thierno Alassane Sall, Abdou Mbow et Mbaye Dione, ainsi que Maître Oumar Youm et le juge Demba Kandji, ont également rejoint cette mobilisation contre la révision prévue pour ce lundi.

Me Abdoulaye Tine dénonce une révision idéologique et une fraude politique

Le débat sur la révision constitutionnelle cristallise les tensions au sein de la classe politique sénégalaise. Lors d’une conférence des leaders de la coalition Diomaye Président, Me Abdoulaye Tine a vivement critiqué le processus en cours, l’accusant de manquer de transparence et de concertation préalable. Pour l’avocat et acteur politique, les modifications proposées ne constituent pas une simple amélioration technique des institutions, mais une entreprise visant à imposer une vision partisane de l’autorité.

Ce qui est en train de se faire aujourd’hui ressemble davantage à une révision idéologique qu’à une véritable révision constitutionnelle.

Me Abdoulaye Tine dénonce une révision idéologique et une fraude politique
Photo: DAKARACTU.COM
Révision constitutionnelle : Aar Sunu république exige le retrait du texte et interpelle Diomaye
Me Abdoulaye Tine, via Seneweb
L’avocat a également souligné que le texte présenté est devenu méconnaissable par rapport à sa version initiale, affirmant que les amendements actuels ne sont que la partie visible d’un agenda plus vaste.

C’est une fraude sous couvert d’une révision constitutionnelle. Ce qu’ils recherchent, c’est davantage de pouvoir, rien de plus.

Me Abdoulaye Tine, via Seneweb
Me Tine a rappelé que de nombreuses forces avaient déjà lutté ensemble au sein du mouvement F24 contre des dérives institutionnelles sous le régime précédent, et qu’il entend maintenir ce même esprit républicain face à ce qu’il qualifie de manipulation de l’opinion publique.

Aminata Touré alerte sur le risque de dépouillement du pouvoir présidentiel

Une autre perspective critique est venue de la coordination de la coalition présidentielle. Aminata Touré a ouvertement accusé une partie des députés de vouloir réduire drastiquement les prérogatives du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Selon l’ancienne Première ministre, les amendements introduits en commission ont dénaturé l’esprit de la réforme initialement inspirée par les conclusions du dialogue national sur la justice et le dialogue politique. Elle voit dans cette offensive législative une opération de représailles visant à rompre l’équilibre des pouvoirs.

Aujourd’hui, certains veulent arracher le pouvoir à Bassirou Diomaye Faye pour le transférer au président de l’Assemblée nationale.

Aminata Touré alerte sur le risque de dépouillement du pouvoir présidentiel
Aminata Touré, via Sanslimitesn.com
Elle a également plaidé pour que l’Assemblée nationale se concentre sur les urgences sociales plutôt que sur les querelles institutionnelles. Elle a notamment cité les priorités suivantes :
  • L’emploi des jeunes
  • Le coût de la vie
  • Le soutien à l’agriculture
  • La lutte contre les inondations

Y’en a marre exige la souveraineté du peuple par référendum

Le mouvement citoyen Y’en a marre a également exprimé de vives inquiétudes concernant les réformes envisagées par le groupe parlementaire Pastef. La coordination du mouvement dénonce des initiatives qui pourraient altérer l’équilibre institutionnel du pays sans consultation populaire directe. Le mouvement s’interroge sur le silence du président de la République, rappelant que le chef de l’État, en tant que garant de la Constitution, doit clarifier sa position pour lever l’incertitude politique actuelle. Pour le mouvement, la seule voie légitime de modification de la charte fondamentale est le vote des citoyens.

Le peuple sénégalais ne doit pas subir. Il doit décider.

Coordination de Y’en a marre, via Leral.net
En conclusion de son communiqué, Y’en a marre appelle les forces vives de la nation à la vigilance et à la mobilisation pour s’opposer à toute réforme qui ne ferait pas l’objet d’un consensus national ou d’un consentement direct par voie référendaire.

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