Publié le 13 décembre 2025 à 21:38 HE. Le sénateur républicain Ron Johnson suscite la controverse en approuvant un ouvrage promouvant une thérapie non prouvée à base de dioxyde de chlore pour traiter l’autisme et d’autres maladies, alors que la confiance envers les agences de santé publique est en baisse aux États-Unis.
- Le sénateur Ron Johnson a apposé sa signature sur la couverture d’un livre défendant l’utilisation du dioxyde de chlore, un agent de blanchiment, comme traitement médical.
- Le Dr Pierre Kory, co-auteur de l’ouvrage, a vu sa certification médicale révoquée en 2024 pour avoir promu des traitements non validés, notamment pendant la pandémie de Covid-19.
- Cette affaire intervient dans un contexte de déclin de la confiance des Américains envers les institutions de santé publique, comme les Centers for Disease Control and Prevention (CDC).
La promotion de ce livre par un élu politique de premier plan relance le débat sur la désinformation en matière de santé et son impact sur la confiance du public. Le Dr Pierre Kory, pneumologue controversé, avait déjà attiré l’attention lors de la pandémie de Covid-19 en plaidant pour l’utilisation de l’ivermectine, un médicament antiparasitaire, comme traitement contre le virus.
En 2024, le Conseil américain de médecine interne a retiré la certification du Dr Kory, l’empêchant d’exercer dans les hôpitaux et les établissements universitaires, bien qu’il conserve toujours sa licence médicale. Malgré cela, le sénateur Johnson a choisi de soutenir son ouvrage intitulé « The War on Chlorine Dioxide » (La guerre contre le dioxyde de chlore), le qualifiant de « récit captivant de corruption et de courage qui ouvrira les yeux et suscitera de sérieuses questions ».
Cette prise de position n’est pas isolée. Le sénateur Johnson a déjà été critiqué pour avoir diffusé de fausses informations par le passé, notamment en soutenant les affirmations du Dr Kory selon lesquelles le dioxyde de chlore, un produit chimique couramment utilisé pour la désinfection et le blanchiment, pourrait traiter l’autisme, la Covid-19, le cancer et diverses autres maladies. Il a également exprimé des doutes sur l’efficacité des vaccins, suggérant que l’hygiène et l’assainissement pourraient suffire à éradiquer certaines maladies infantiles comme la rougeole.
Dans une déclaration à ProPublica, le sénateur Johnson a confirmé avoir autorisé l’utilisation de sa citation sur la couverture du livre.
Cette affaire se déroule dans un contexte de perte de confiance envers les agences fédérales de santé. Un sondage Ipsos publié en octobre 2025 révèle que seulement 54 % des personnes interrogées font confiance aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC), contre 60 % en juin et 66 % en décembre 2024. La Food and Drug Administration (FDA) connaît également une baisse de confiance, passant de 60 % à 52 % sur la même période.
Récemment, les CDC ont remis en question leur position de longue date selon laquelle les vaccins ne provoquent pas l’autisme, en modifiant la section dédiée à la sécurité des vaccins sur leur site web. Cette décision intervient alors que l’administration Trump, et notamment son ancien secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Robert F. Kennedy Jr., ont été critiqués pour leur scepticisme envers les vaccins.
Contribution : Craig Gilbert

